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Recherche Protection intégrée des cultures, du projet Endure à un groupe de recherche

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Démarré voici quatre ans, le projet européen Endure destiné à développer le concept de protection intégrée prend fin cette année. Il aura permis de très nombreux échanges entre des chercheurs ayant des origines et des spécialités très différentes. Le travail va se poursuivre sans financement européen, sous la forme d’un groupe de recherche.

«Lorsqu’un projet européen se poursuit après l’arrêt des financements, c’est un signe !», a relevé Marion Guillou, p.-d.g. de l’Inra, en conférence de presse à Paris le 24 novembre. Et c’est justement ce qui se produit pour le projet Endure. Initié voici quatre ans pour développer la protection intégrée des cultures, il prend fin cette année. Or, « les 14 partenaires vont poursuivre sous la forme d’une groupe européen de recherche », a expliqué Antoine Messéan, directeur de recherche à l’Inra. Depuis le 1er juillet existe un accord de consortium qui a été officialisé le 24 novembre. Concrètement, six équivalents temps plein vont être mis à disposition du réseau, l’Inra créant par exemple un poste d’officier scientifique afin de coordonner les actions. Les partenaires, qui savent qu’ils n’auront pas d’argent de la Commission, veulent poursuivre la dynamique mise en place grâce au réseau.

Un « processus évolutif »
Car si la protection intégrée est un « concept qui a émergé dans les années 60 », comme l’a souligné Pierre Ricci, coordinateur d’Endure, il reste beaucoup à faire. Simplement parce qu’il ne s’agit pas « d’une recette fixe à coller partout », a-t-il insisté. Faire de la protection intégrée consiste à combiner différentes méthodes de traitement en privilégiant un principe de prévention afin de réduire au maximum la lutte. C’est « un processus évolutif », qui « incorpore de l’innovation », a souligné Pierre Ricci. Le projet Endure a permis de créer un réseau d’échanges international et interdisciplinaire, à même de décupler les idées et les expériences. « Dans au moins deux pays, le partage d’expérience a également concerné le développement agricole, ce qui a permis de créer un autre cercle de collaboration », a également signalé Marion Guillou. Intérêt : « En ce qui concerne les vergers de pommiers, par exemple, des méthodes de protection existent mais elles sont peu utilisées, a indiqué la p.-d.g. Le réseau a permis de comprendre les points de blocage à l’adoption de ces techniques ». Des laboratoires virtuels ont été créés pour optimiser le partage de ressources, à l’image d’EuroWheat, une plateforme sur internet « qui fournit énormément d’informations et où tout le monde peut contribuer », a expliqué Per Kudsk, directeur de recherche à l’université de Aarhus, au Danemark. Parmi les objectifs que se donne le nouveau groupe de recherche : poursuivre le développement des centres de ressources, continuer à défragmenter la recherche entre pays et disciplines, identifier des priorités afin d’accompagner les politiques, aider à coordonner les efforts des Etats membres concernant la protection intégrée et devenir un point de référence sur le sujet. Le travail va donc se poursuivre, mais sans calendrier officiel.

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