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Protectionnisme européen

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Emmanuel Macron a relancé un débat important, cette semaine, en déclarant que l’Europe « doit avoir une politique volontariste et défensive pour les filières indispensables à notre économie, comme l’acier ». Le débat du protectionnisme européen, appelons-le par son nom: est-il utile de protéger des secteurs économiques, lorsqu’ils ne sont pas compétitifs sur le marché mondial ? En agriculture, on pense biensûr à la filière viande bovine, menacée par la négociation de plusieurs accords de libre-échange (États-Unis, Canada, Mercosur…). Peu compétitive au niveau mondial, elle est pourtant stratégique dans l’aménagement du territoire français, par le maintien de l’emploi dans beaucoup de régions rurales. Ceux qui voudraient l’exclure des négociations sont parfois taxés de protectionnisme. Et alors? Depuis 200 ans, les Français préfèrent le protectionnisme au libre-échange, comme le retrace l’ouvrage de l’historien David Todd, L’identité économique de la France. Ni de gauche, ni de droite, cette culture protectionniste « est née au centre droit » et a séduit successivement « la droite nationaliste, la gauche patriotique et les premiers mouvements socialistes ». Et rappelons, dans le cas de la viande bovine, qu’il ne s’agirait que d’une goutte de protectionnisme dans un océan de libre-échange, les barrières douanières étant déjà en grande partie abaissées entre l’UE et les États-Unis. En pleine période de doute, la montée du Front national, seul parti de masse à prôner le protectionnisme, mais de manière caricaturale, doit faire réfléchir ceux qui, à Paris et à Bruxelles, ne jureraient que par le libre-échange.

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