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Protéines végétales : propositions parlementaires pour rendre l’UE moins dépendante des importations

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Dans un rapport qui sera soumis en session plénière en avril, la commission de l’agriculture du Parlement européen propose ses modalités pour intégrer dans la prochaine Pac une véritable stratégie de promotion de la production de soja et des cultures protéagineuses, afin de réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des importations.

La Pac doit être mise à jour pour rendre plus rentable et compétitive la culture du soja et d’autres protéines végétales, souligne la commission de l’agriculture du Parlement européen dans une proposition de résolution non législative sur une stratégie de l’UE pour la promotion de ces productions votée le 20 mars par 35 voix contre une et 6 abstentions. Selon le rapporteur, Jean-Paul Denanot (socialiste, France) (1), « il est indispensable que ce plan protéines s’intègre à la future Pac à travers un ensemble de mesures relevant du premier et du second pilier, comme la rotation, les associations de cultures et une aide aux services écosystémiques ».

Les eurodéputés plaident pour : des paiements volontaires couplés pour toutes les cultures de protéagineux dans toutes les régions de l’Union, pas seulement dans celles en difficulté ; la production de protéines végétales également sur les surfaces d’intérêt écologique, en agriculture bio comme conventionnelle ; une composante légumineuses dans les systèmes de rotation sur les terres arables.

La proposition de la commission parlementaire doit être soumise à la session plénière du 16 au 19 avril à Strasbourg.

La Pac devrait également, soulignent les parlementaires, permettre le développement de la production locale et régionale de protéines végétales et des unités de transformation, soutenir une plus grande autosuffisance des exploitations en aliments pour animaux et l’adaptation du régime alimentaire des animaux à leurs besoins réels (par exemple le fourrage au lieu du tourteau de soja pour les ruminants).

Ils notent aussi que les cultures fixatrices d’azote peuvent aider les agriculteurs à diminuer l’utilisation d’engrais azotés synthétiques et réduire ainsi à la fois les coûts de production et l’impact négatif sur l’environnement.

Investir dans la recherche

La résolution votée par la commission parlementaire préconise la création d’une plateforme de l’UE soutenue par l’Observatoire européen du marché des grandes cultures pour identifier les zones de culture de protéines, déterminer les capacités de production et recenser toutes les recherches menées jusqu’à présent dans ce domaine.

Les députés estiment que l’UE doit fortement investir dans des activités de recherche intégrée et ciblée afin de rendre la culture de protéagineux économiquement attractive, cette production plus compétitive et en accroître les rendements.

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Diversifier les sources d’approvisionnement

La future stratégie européenne doit réduire le déficit majeur de l’UE en protéines végétales qui rend son secteur de l’élevage dépendant des importations des pays tiers, selon les eurodéputés, qui, à ce propos, soulignent les conséquences néfastes de la production de soja dans les grands pays fournisseurs sud-américains : changement d’utilisation des terres, déforestation, érosion du sol, contamination par les pesticides.

Pour son approvisionnement en soja et autres protéines végétales, l’Union doit coopérer plus étroitement avec les pays voisins et diversifier ses importations, note également la commission parlementaire, ajoutant que ces dernières doivent être conformes aux normes sociales et environnementales européennes et devraient de préférence être sans OGM.

(1) Voir n° 3618 du 13/11/17

(2) Voir n° 3631 du 12/02/18

D’abord améliorer la qualité, selon la Fefac

Experts et parties prenantes avaient jusqu’au 23 mars pour répondre à la consultation lancée par la Commission Bruxelles sur « l’état des lieux du secteur européen des protéines végétales, première phase de l’élaboration éventuelle d’un plan protéines à l’échelle de l’UE » (2). La Fédération européenne des fabricants d’aliments composés pour animaux (Fefac), qui y a bien entendu participé, insiste sur le fait que, « si l’UE veut être sérieuse à propos de la réduction du déficit en protéines », il faut en premier lieu investir dans l’amélioration de la qualité des protéines par la sélection végétale.

La politique de l’UE doit permettre de « tirer profit des technologies de sélection végétale les plus avancées de façon à ce qu’elles puissent être apportées au niveau de l’exploitation », souligne la Fefac.