Le groupe de nutrition animale néerlandais Provimi a réalisé de bons résultats semestriels. Son directeur général, Wim Troost, confirme l’appétit du groupe qui, après avoir fortement réduit son niveau d’endettement, est prêt pour de nouvelles acquisitions, sur les activités à fortes marges, comme le petfood, et dans les pays émergents à forte croissance.
Après avoir significativement réduit son niveau d’endettement, le néerlandais Provimi souhaite accélérer sa politique d’acquisitions, selon son p.- d.g. « Nous sommes dans une position qui nous permet d’accélérer nos acquisitions et d’accroître leur taille. Nous saisirons toutes les opportunités de croissance externe ou interne permettant d’accroître la rentabilité de notre groupe », a déclaré Wim Troost lors de la présentation des résultats semestriels de son groupe. Cette recherche de rentabilité passe par les activités à forte marge, comme l’alimentation pour animaux de compagnie, et les pays émergents.
Le petfood, 20 % du CA d’ici 3 ans
Selon M. Troost, le groupe augmente ses parts de marché dans de nombreux pays, particulièrement dans les premix et les concentrés. Provimi poursuit le renforcement de ses activités européennes d’aliments pour animaux de compagnie, un secteur qui permet d’améliorer les marges et sur lequel ses ambitions semblent sans limite. Le quatrième fabricant européen de marques de distributeurs de petfood donne en effet aujourd’hui la priorité à ces produits à plus forte marge, qui ne représentent pourtant que 9 % de son chiffre d’affaires contre 6 % six ans plus tôt. Son objectif est que cette activité atteigne, d’ici trois ans, une part de 20 % de son activité. « Nous intervenons sur le marché avant tout en tant que fabricant de marques de distributeur et non de marque nationale, car il nous faudrait concurrencer les géants comme Nestlé et Masterfood », précise Wim Troost, directeur général de Provimi. Il faut dire que la part de marché des MDD en Europe est passée en l’espace de 4 ans de 18 à 25 % et devrait atteindre 35 % d’ici 5 ans.
Croissance forte à l’Est
Le groupe néerlandais a ainsi multiplié les acquisitions, notamment en Europe de l’Est où la croissance sur ce marché est forte (entre + 10 % et + 15 %). « Le niveau de vie des pays de l’Europe de l’Est va croissant, explique ainsi Wim Troost, directeur général de Provimi. Le nombre d’animaux de compagnie augmente par conséquent.» Le patron de Provimi ne cache d’ailleurs pas qu’il est à la recherche de nouvelles acquisitions dans les pays de l’ancien empire soviétique où des opportunités sont encore à saisir selon lui. Sans vouloir en préciser davantage, Wim Troost a ainsi annoncé être sur le point de conclure une nouvelle acquisition en Europe Orientale. En Pologne, le groupe a déjà procédé à l’extension de son usine tandis qu’en République tchèque, une nouvelle ligne de pet-food humide a été inaugurée récemment, la demande pour ces produits étant encore en croissance dans la région, contrairement au marché français par exemple.
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Recherche d’acquisition en France
En Russie, la construction d’une nouvelle usine vient d’être entamée il y a plus d’un mois. Elle devrait être opérationnelle avant l’été 2006. « Les dépenses des ménages dans le petfood augmentent en Russie, explique Wim Troost. Une portion croissante de la population a un niveau de vie suffisant pour se permettre de nourrir un animal de compagnie : en posséder un a une valeur symbolique». Mais les ambitions de Provimi sur cette activité ne se cantonnent pat à l’Est de l’Europe et à la Russie. En France, le groupe est toujours aux aguets. « Nous nous sommes rapprochés de plusieurs entreprises mais nous n’avons pas encore trouvé le bon candidat, explique ainsi Wim Troost. Nous continuons d’étudier le marché français et envisageons d’y faire notre entrée par une acquisition ou à défaut un joint-venture. » Aux Etats-Unis, marché important mais où les marges sont limitées du fait du nombre important d’intervenants, le groupe adopte une stratégie de veille technologique plutôt que de développement d’un centre de profit.
Une usine brésilienne aux normes européennes
En Amérique du Sud, où le groupe possède déjà deux usines dédiées au petfood, dont une au Brésil et une en Argentine, Provimi lorgne également sur le marché des aliments pour animaux domestiques qui n’en est encore qu’à ses débuts et n’atteint pas la croissance de l’Europe de l’Est. En Inde, où le groupe se targue d’être l’un des deux seuls producteurs de petfood, le groupe se positionne sur un marché encore limité mais à la croissance rapide. Au Brésil, troisième marché mondial pour l’alimentation animale après la Chine et les Etats-Unis, Provimi a inauguré en février dernier une nouvelle usine, construite selon les normes européennes afin d’envisager des exportations à destination du Vieux Continent. Sur les marchés émergents, le groupe compte poursuivre son développement dans les économies à forte croissance de l’Europe de l’Est, du Brésil, de l’Inde et de la Chine. L’ambition du groupe est de s’orienter vers des produits permettant de réaliser de fortes marges (premix, aliments pour animaux de compagnie et des aliments pour poissons) au détriment des aliments complets dont les ventes ne représentaient plus au 1er semestre 2005 que 29 % du chiffre d’affaires total du groupe contre 34 % un an plus tôt.