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En direct de Bruxelles « Public goods »

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La Pac va-t-elle devenir, après 2013, la Pec (politique environnementale commune) ? Non, bien sûr, mais la tendance, dans les débats préliminaires sur la prochaine réforme agricole européenne, est bel et bien de faire de l’exploitant un fournisseur de « public goods », formule de plus en plus à la mode et censée signifier « services d’intérêt public », et de le subventionner pour cela. Rien que pour cela. Les titres de plusieurs participants au dernier Conseil « agricole » de l’UE sont, sur ce point, très significatifs. L’Espagnole Elena Espinosa, qui le préside actuellement, est ministre « de l'environnement, du milieu rural et du milieu marin ». Son homologue néerlandaise, Gerda Verburg, est chargée de l'agriculture (tout de même), mais aussi « du patrimoine naturel et de la qualité des aliments ». Leur collègue autrichien, Nikolaus Berlakovich, est quant à lui responsable du portefeuille fédéral « de l'agriculture et des forêts, de l'environnement et de la gestion de l'eau ». Lutte contre le changement climatique, contre la pollution de l’eau (l’affaire des nitrates bretons va être tranchée sous peu), pour la sauvegarde de la biodiversité, pour le bien-être animal, pour l’entretien des zones rurales et autres combats : l’agriculteur, souvent accusé de polluer, doit maintenant se transformer en rempart contre la détérioration générale de l’environnement. Nul doute que les aides directes, revues et corrigées après 2013, tiendront compte de cette responsabilité « publique ». Ce qui amène d’ailleurs certains, comme le député européen Stéphane Le Foll, a juger totalement dépassée l’architecture actuelle de la Pac, avec ses deux piliers distincts.

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