Inexorablement, l’obésité s’installe chez les Européens et gagne le débat politique. Face à l’enjeu et à ses conséquences potentiellement désastreuses pour leur politique publicitaire, les industriels de l’alimentaire tentent de rassurer les pouvoirs publics en s’imposant une autodiscipline. Après l’Ania et ses neuf recommandations, la Confédération des industriels de l’agroalimentaire européen édicte des « Principes en matière de publicité pour les aliments et les boissons ».
Inefficace et inapplicable », tonne l’Ania (Association nationale des industries agroalimentaires), après l’adoption par l’Assemblée nationale d’un amendement sur les messages d’information nutritionnelle. En France, comme partout en Europe, les industriels de l’alimentaire craignent pour leurs pubs. Face au désarroi du monde politique – confronté à la montée en puissance des problèmes d’obésité –, les fabricants d’aliments redoutent la multiplication des entraves réglementaires dans le dialogue avec les consommateurs (grands et petits), par les réclames. « L’autodiscipline, telle qu’elle a été mise en place par le BVP (Bureau de vérification de la publicité) est plus efficace car elle responsabilise les entreprises », défend l’Ania. « Mieux vaut informer et promouvoir le retour aux fondamentaux de notre modèle alimentaire », milite l’association française de concert avec la Confédération des industries agroalimentaires de l’UE (CIAA). Le conseil d’administration de la CIAA vient d’adopter des « Principes en matière de publicité pour les produits alimentaires et les boissons ». La Confédération entend aller « au-delà des lois et des règlements en vigueur ». Les industriels européens arguent que « dans beaucoup de pays, les systèmes d’auto-réglementation sont suffisants ».
Aberrantes ou farfelues
L’application de ces « Principes » (voir encadré) va permettre d’assurer que « les messages publicitaires véhiculent une information correcte sur les bénéfices nutritionnels et incitent à l’équilibre, la modération et la variété », promet la CIAA. Toutes ces bonnes intentions vont-elles convaincre les pouvoirs publics du caractère « excessif » de leurs projets de lois ? Car, à contre courant de l’Ania ou de la CIAA, les associations de consommateurs font du lobbying pour une intervention rapide des pouvoirs publics pour limiter les allégations « aberrantes, farfelues ou peu compréhensibles », comme le résume l’UFC-Que Choisir.
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Compte tenu du retard pris par les institutions européennes sur les allégations nutritionnelles et de santé, l’association française de consommateurs demande à « l’administration française des mesures immédiates pour que les allégations soient interdites » dans certains cas, et ce, sans attendre le règlement bruxellois. L’UFC-Que Choisir souhaite que soient prohibées les allégations « si leur libellé n’est pas justifié par des données scientifiques ; si elles portent sur le “bien-être” en général ; si elles brouillent les repères des consommateurs sur la composition des aliments ; sur les produits déséquilibrés ; sur les boissons alcoolisées ».