Les puissants d’hier sont-ils conscients de la fragilité de leurs positions ? Au moment où l’équivalent du Crédit agricole en Chine bat le record des introductions en bourse, le Vieux Continent et les Etats-Unis même, n’ont pas pris toute la mesure de l’énorme potentiel des pays émergents : ceux-ci mettent les bouchées doubles pour nous rattraper sans négliger pour ce faire des investissements de base comme la recherche dans les sciences du vivant, le foncier agricole et l’agrobusiness. Plus en aval, les leaders mondiaux de l’alimentaire et des PGC ne voient peut-être rien venir encore, et pourtant ! Les 50 « champions » que vient d’ausculter OC&C Strategy Consultants restent à deux exceptions près (le brésilien JBS et le mexicain Bimbo) des groupes américains, européens et japonais. La crise est sans doute trop récente pour avoir eu le temps de redistribuer toutes les cartes, elle oblige quand même ces firmes à s’adapter à une croissance proche du zéro. La décrue des prix de matières premières (rarement répercutée au consommateur) et de fortes mesures de compression de coûts leur ont certes redonné des marges l’an dernier et elles n’ont pas trop sacrifié les investissements marketing. Il n’empêche, l’appétit semble leur faire défaut puisque les acquisitions auxquelles ont procédé ces champions ont chuté de 59%, selon OC&C ! Et ils ont sûrement du souci à se faire s’ils ne peuvent ou savent investir dans les pays émergents, si les cours des produits de base remontent et si le désintérêt actuel des consommateurs pour les marques s’amplifie à l’avenir.
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