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Pure Salmon change d’échelle dans l’élevage du saumon en circuit fermé

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Xavier Govare, président du conseil d’administration de Pure Salmon France Crédits : © Pure Salmon

Pure Salmon va installer en Gironde la première ferme française d’élevage de saumons basée sur la technologie des systèmes d’aquaculture en recirculation. La société exploite déjà un modèle réduit de ce type de ferme en Pologne.

Fin 2026, les premiers saumons nés, élevés et transformés en France arriveront sur le marché : telle est la promesse de Pure Salmon France, filiale de Pure Salmon Group, basé à Abu Dhabi, et propriété du fonds singapourien 8F Asset Management. « Nous allons installer notre première ferme aquacole utilisant la technologie des systèmes d’aquaculture en recirculation au Verdon-sur-Mer, en Gironde, qui aura une capacité de 10 000 tonnes de saumon par an », explique Xavier Govare, président du conseil d’administration de Pure Salmon France (ex-p.-d.g. de Labeyrie Fine Foods de 2000 à 2016). Le projet mobilise au total 275 millions d’euros, « dont environ 140 millions d’euros d’investissement industriel pour l’équipement », selon Xavier Govare, le solde étant constitué d’un BFR conséquent lié à la durée d’élevage des saumons d’une durée de deux ans. Un atelier de découpe et de fumage complète la ferme.

« Depuis quatre ans, nous conduisons des essais en Pologne grâce à une ferme aquacole plus petite, d’une capacité de 500 tonnes, où nous maîtrisons toutes les étapes d’élevage depuis l’œuf jusqu’à l’abattage, la découpe et la fumaison », poursuit-il. La maîtrise des systèmes d’aquaculture en recirculation (RAS) est essentielle pour parvenir à élever des saumons en circuit fermé, alors que la production est aujourd’hui exclusivement faite en filets installés en mer, surtout en Norvège. Pour cela, Pure Salmon a acquis en juin 2021 la société norvégienne Kruger Kaldnes, branche aquaculture de Veolia (devenue Pure Salmon Kaldnes), spécialiste des différentes étapes d’élevage en circuit fermé ; parmi elles, deux doivent être maîtrisées. D’abord, l’éclosion et la première année d’élevage en eau douce, qui est déjà bien connue en Norvège car pratiquée avant que les saumons ne rejoignent les filets installés en mer. Et ensuite l’élevage en bassins d’eau salée, qui est l’étape clé pour parvenir à l’élevage en circuit fermé de bout en bout. « Il faut maîtriser de nombreux paramètres tels que la température de l’eau, sa qualité, sa stabilité, l’alimentation des poissons ou encore leur bien-être », souligne Xavier Govare. Les saumons exigent par exemple une eau salée fraîche (10 à 12° C), telle qu’on la trouve dans les fjords norvégiens, et une surveillance vétérinaire pointue.

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Un mode d’élevage vertueux

La société insiste sur la dimension vertueuse de son mode d’élevage, « sans aucun impact sur l’environnement et les écosystèmes marins ». « L’eau sera recirculée à 99 % pour la partie élevage et totalement retraitée pour la partie transformation avant d’être renvoyée dans son milieu naturel », indique-t-elle. Le site du Verdon-sur-Mer est installé sur une nappe phréatique d’eau saumâtre, dont une partie sera dessalinisée pour la première étape d’élevage. « Certaines matières issues du process de la ferme d’élevage seront méthanisées » dans un méthaniseur près de Bordeaux, et les co-produits de la transformation seront valorisés en alimentation pour animaux domestiques. Le site sera alimenté en électricité grâce à des panneaux solaires sur ses toitures et l’achat d’électricité « verte ». Pure Salmon assure que son mode d’élevage permet de réduire le taux de mortalité des saumons. En outre, les saumons grandissant plus vite en bassins gagnent environ six mois par rapport à l’élevage en mer. Ces saumons sont élevés sans antibiotiques, sans OGM et sans pesticides.

Selon les projections de Pure Salmon, suite aux échanges avec les distributeurs, le prix du saumon issu de la ferme aquacole du Verdon-sur-Mer sera un peu plus élevé que le saumon élevé en Norvège, environ 2 euros/kilo plus cher, mais moins élevé qu’un saumon sauvage ou d’un élevage biologique. Un surcoût qui pourra être justifié auprès des consommateurs par la dimension locale du produit. La production prévue en 2026, soit 10 000 tonnes (environ 5 % du marché français), devrait générer un chiffre d’affaires annuel de 150 millions d’euros. Pure Salmon prévoit deux autres fermes, aux États-Unis (le site débute sa construction) et au Japon, dont les capacités sont similaires à la ferme française. Au global, Pure Salmon vise « une production annuelle de 260 000 tonnes de saumon Atlantique d’ici 2025, dont 140 000 tonnes sont déjà planifiées. »

Le saumon issu de la ferme aquacole du Verdon-sur-Mer sera moins cher qu’un saumon sauvage ou bio