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Conseil en stratégie PwC veut conforter sa place de leader du conseil pour les coopératives agroalimentaires

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Tout comme l’agrobusiness a ses quatre grands, communément réunis sous le vocable ABCD (Archer Daniel Midland, Bunge, Cargill ou Louis Dreyfus), le monde de l’audit et du conseil a ses incontournables « Big Four». Avec des chiffres d’affaires oscillant entre 23 et près de 30 milliards de dollars, PricewaterhouseCoopers (PwC), Deloitte, Ernst&Young et KPMG dominent les activités mondiales d’audit comptable et financier. Ils ont tous élargi leurs activités à des missions de conseil (amélioration de la performance des entreprises, conseil en transactions, en stratégie aussi pour PwC) et d’accompagnement juridique et fiscal. Les quatre grands se prévalent tous d’offrir un ensemble de compétences diversifiées pour répondre aux attentes de leurs clients, de toutes tailles et de tous secteurs, allant des petites entreprises aux multinationales sans oublier les PME, les administrations, organismes à but non lucratif ou associations diverses. Dans ce domaine fortement concurrentiel, PwC a choisi depuis plusieurs années de faire entendre sa différence en consacrant une équipe dédiée aux coopératives agricoles, regroupant trente personnes en France, à Paris et en régions, et en s’appuyant sur les compétences de la société d’avocats Landwell & Associés, membre du réseau international PwC, pour le conseil juridique.

Les coopératives agricoles françaises ne comptent pas parmi les grands champions européens – InVivo, la plus importante, occupant la sixième place –, mais elles tiennent une place incontournable en Europe, huit d’entre elles étant dans le classement des vingt premières. Elles font face à des défis majeurs pour maintenir leur croissance et gagner encore davantage de valeur ajoutée. « Au sein de PwC, nous disposions d’un certain nombre d’équipes et de compétences pluridisciplinaires, complétées sur le plan juridique par la société d’avocats Landwell & Associés. Nous avons souhaité les mobiliser pour les mettre au service des coopératives, et ainsi proposer toutes nos expertises », explique Yves Pelle, associé, responsable du secteur des coopératives agricoles. À ce jour, diverses missions lui ont permis de développer une expertise agroalimentaire qui couvre tout le secteur, tant privé que coopératif. Conseil et auditeur de quelques-uns des grands groupes agroalimentaires privés, le cabinet a souhaité apporter son expérience et l’adapter au monde coopératif qui a une culture différente. PwC s’est ainsi largement implanté au sein du monde coopératif, comptant parmi ses clients huit des dix premières entreprises du secteur. « C’est un monde qui fonctionne par capillarité, et on retrouve souvent les mêmes dirigeants dans diverses coopératives ». L’équipe dédiée compte désormais 30 personnes et fait appel aux collaborateurs qui se trouvent dans les 25 bureaux en France. Il peut également être fait appel au réseau à l’étranger (158 pays) pour mobiliser des équipes sur un projet international.

Des missions diversifiées

« Nous voulons offrir une véritable chaîne de valeur, complète et sans maillon faible », explique Mariano Marcos, associé PwC spécialiste des matières premières. Les problèmes qui se posent aux coopératives et aux autres industries du secteur sont d’une réelle complexité et nécessitent d’apporter un faisceau de réponses, poursuit-il. Ainsi, face à la volatilité des cours, il faut clairement identifier la problématique et tous les éléments qui font varier les cours. Il faut ensuite décider quels moyens techniques et humains il convient de mobiliser pour suivre ces variations et les anticiper. Il faut mettre en place une gestion de la trésorerie pour faire face aux appels de marge, adapter une stratégie commerciale en conséquence, repenser intégralement la gestion du risque. « L’enjeu est bel et bien de professionnaliser la filière, pour accompagner les entreprises en leur offrant une solution intégrée allant jusqu’aux outils de comptabilité en fonction des normes en vigueur, de même que les besoins en informatique adéquats et une organisation de leur ERP compatible avec des besoins de financement adaptés à l’évolution des matières premières ». Les grandes tendances économiques font également la part belle aux regroupements d’entreprises, fusions-acquisitions ou bien ouverture du capital des holdings de contrôle des filières agroalimentaires. PwC est à même d’apporter une assistance à la gestion des risques juridiques et fiscaux qui y sont liés, tout comme lors des négociations. Il peut même mobiliser son réseau étranger lors d’opérations à l’international.
Lorsqu’Axéréal a pris le contrôle de la branche malterie de l’Irlandais Greencore (1), « nous avons réalisé une due diligence pré-acquisition avec nos correspondants locaux en Irlande. Nous nous sommes également rendus sur place et avons travaillé directement avec la société Greencore », explique Erwan Colder, associé PwC en charge des transactions. PwC travaille actuellement sur un projet de nouveau rapport de due diligence, qui permet au réseau d’avoir une restitution similaire des opérations de fusion-acquisition dans le monde entier. Les problèmes juridiques sont partie prenante de toutes ces opérations.

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Un soutien juridique

Tous les mouvements de rapprochement, fusions ou autres entrent dans les missions du cabinet. « Nous avons un longue expérience en matière de transformation des groupes de sociétés (autrement dit, de réorganisation juridique des groupes), d’opérations de fusion-acquisition et de gouvernance, que ce soit sur les impacts juridiques, fiscaux, sociaux et contractuels », souligne Gilles Semadeni, avocat associé chez Landwell & Associés. La mission porte généralement sur l’aide à la négociation, la rédaction des actes. Il ne faut pas non plus négliger les impacts de tels rapprochements sur le droit de la concurrence. L’équipe distribution-concurrence, dirigée par Edith Baccichetti (avocate associée), est chargée d'analyser la conformité des opérations avec le droit en vigueur, de vérifier si l’opération doit être notifiée à l’Autorité de la concurrence ou à la Commission européenne, et de préparer le dossier de notification. Cette équipe travaille sur les problématiques de concurrence des coopératives agricoles et a notamment mis en œuvre pour ces dernières des programmes de conformité au droit de la concurrence.
L’une des missions qui vont prendre une place de plus en plus prépondérante dans la vie des entreprises et celle du cabinet va toucher aux enjeux climatiques et environnementaux. « Une équipe de plus de 40 personnes est spécialisée en développement durable, dont le cycle de vie des produits », insiste Yves Pelle. Au-delà de la notion de risques, la prise en compte des enjeux environnementaux doit désormais être considérée comme une source d’opportunités pour ses clients. Un bilan environnemental permet d’anticiper et maîtriser les risques et anticiper les contraintes réglementaires. Il permet d’optimiser la performance environnementale qui va souvent de pair avec une réduction des coûts et enfin orienter des choix stratégiques vers le développement de nouveaux débouchés. Tous objectifs dont le cabinet d’audit veut se faire un champion en s’appuyant sur sa large expérience du secteur.

(1) Début 2010, le groupe coopératif céréalier, Axéréal (constitué en juillet 2009 par Agralys et Epis-Centre), a repris l’activité malt de Greencore, via sa filiale Boortmalt. 9e mondial avec une capacité de production de 520 000 tonnes en 2010. Ainsi constitué, Boortmalt Group dont le siège reste basé à Anvers en Belgique dispose d’une capacité de production de plus de 1,1 million de tonnes de malt