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Quand des étudiants de grandes écoles deviennent épiciers

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La transition agricole et alimentaire n’est plus l’apanage des grandes écoles d’agronomie. D’autres établissements généralistes (ENS, HEC, Polytechnique…) voient fleurir des épiceries étudiantes à visée solidaire et durable.

L’Epicerie solidaire, locale et éthique (Else). C’est le nom d’une petite association née il y a environ huit ans, à l’école Polytechnique. Son objectif : « Inciter les étudiants à manger mieux, plus local, et plus responsable », explique Manon, l’actuelle présidente. Comme à Polytechnique, de nombreuses initiatives étudiantes liées à l’alimentation, principalement des épiceries, ont fleuri ces dernières années dans d’autres grandes écoles. Il en existe désormais à Centrale Supélec, à HEC Paris, ou à l’ENS Paris Saclay. D’autres encore sont nées à Telecom Paris Sud et à l’Ensta dans le contexte du confinement, afin de lutter contre la précarité étudiante. Mine de rien, ce sont presque toutes les grandes écoles du Plateau de Saclay – qui s’affirme comme un haut lieu d’enseignement et de recherche – qui ont vu naître des projets d’épiceries à visée solidaire et durable, ces dernières années.

À terme, l’épicerie d’HEC pourrait même être alimentée par une ferme maraîchère directement implantée sur le campus de l’école de commerce. À l’initiative du projet, le responsable du patrimoine environnemental à HEC, Christophe Ollé, doit encore le faire valider par le comité exécutif de l’école. Il ne part pas de rien : dans le même établissement, des étudiants ont déjà monté un projet de jardin pédagogique en permaculture, aidés un ingénieur agronome.

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S’engager pour l’écologie, mais pas seulement

La motivation des étudiants ? S’engager pour l’environnement dans des projets concrets et accessibles, expliquent-ils. « J’ai énormément apprécié pouvoir couper un peu avec la riche vie étudiante d’HEC en travaillant la terre », témoigne Quentin, étudiant en deuxième année à HEC. « C’est aussi l’occasion de montrer aux étudiants, qui sont souvent peu sensibilisés à cette pratique (la permaculture, ndlr), en quoi elle consiste et les valeurs qu’elle défend », analyse Quentin. Par ailleurs, les porteurs de projets ont souvent à cœur de valoriser les produits de qualité et le revenu des agriculteurs : « Notre association ne vend pas de viande pour le moment, mais nous pourrions le faire si cela incitait les étudiants à ne plus acheter de la viande de mauvaise qualité au supermarché d’à côté, au profit de producteurs locaux », affirme Manon.

De là à se lancer dans l’agriculture après leurs études ? Il y a encore un pas. Manon a fait son stage d’été chez Carbométrix, une start-up spécialisée dans les mesures d’empreinte carbone, tandis que Barbara – en charge de l’épicerie de Centrale Supélec – aspire à une carrière dans l’aérospatial. Gageons que l’intérêt pour l’agriculture ne s’évaporera pas pour autant à la sortie de l’école.

Presque toutes les grandes écoles du Plateau de Saclay ont un projet d’épicerie