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Haute-Normandie Quand la région développe la bio pour l’eau et les cantines

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Comment installer aujourd’hui des producteurs en agriculture biologique ? La région Haute Normandie avec la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), l’Agence de l’eau Seine Normandie et des acteurs locaux, a étudié le moyen d’y parvenir avant de passer à l’action. Objectif : protéger les captages d’eau et fournir les cantines. Elle a fait part de son expérience lors d’un colloque le 13 janvier à Rouen.

Développer l’agriculture biologique, quand on se trouve sur des zones de captage d’eau, n’est plus une alternative mais une obligation comme l’a estimé Rémy Filali, directeur territorial à l’Agence de l’eau Seine Normandie. La directive cadre européenne sur l’eau, la loi Grenelle, les dispositions de l’Agenda 2000 imposent des actions concrètes.
« Nous sommes passés d’une logique de moyen à une logique de résultat », poursuit Remy Filali.
L’Agence de l’eau est particulièrement tenue à obtenir des résultats. Sur les cinq cents captages les plus menacés en France par les pollutions diffuses, 250 se trouvent sur le bassin Seine Normandie, selon elle.
La seule communauté d’agglomération Seine Eure doit gérer une énorme zone de captage (4 captages, 4 millions de m3 d’eau concernés) de 100 hectares (dont 60 ha en grande culture et 30 ha en maraîchage). Elle a choisi d’en protéger une partie même si pour l’instant, l’eau ne pose pas de problèmes de qualité importants.
« Nous avons choisi une démarche pro-active pour anticiper une dégradation de la ressource en eau afin d’éviter l’investissement d’une usine de traitement de l’eau qui coûterait plus cher que la prévention », a expliqué Régis Petit, directeur adjoint de la communauté d’agglomération.
Ainsi, les 30 ha de maraîchage (7 agriculteurs) sont destinés à la conversion en bio, une partie est déjà engagée dans la démarche. En 2011, les grandes cultures vont suivre à leur tour.

Développer les circuits courts

Pour la région Haute Normandie, une motivation s’ajoute aux obligations sanitaires et environnementales.
« Il y a priorité à maintenir l’herbe, la région a adopté des dispositifs pour le maintien de l’herbe et la reconquête des herbages », a expliqué Alain Le Verne, président de la région en ouverture de colloque.
Autre volonté de la région : fournir la restauration collective publique en aliments issus de circuits courts, bio si possibles. Or, certains produits agricoles doivent être importés.
« Nous sommes une grande région productrice de blé, la première région exportatrice de blé en France, et pourtant nous importons du blé pour faire du pain », a constaté Alain Le Vern.
Il a déclaré vouloir favoriser des productions locales maraîchères, céréalières et animales en aidant leur installation et en les achetant en circuits courts pour les besoins des cantines.
Pour ce faire, la région a décidé de travailler avec la Fédération nationale de l’agriculture biologique qui lui apporte son expérience et son savoir-faire. La Fnab travaille avec un comité de pilotage composé de trois groupes : un s’occupe de l’accès au foncier et de son financement, l’autre de sélectionner les porteurs de projets et le troisième d’organiser les filières avec l’aval. L’Agence de l’eau Seine Normandie apporte un concours financier pour l’acquisition des terres et l’ingénierie du projet. De nombreux acteurs locaux, dont le conseil général, se sont également impliqués.
Pour ce qui est des installations, la Fnab conseille de les réaliser sur des îlots de 10 ha à 30 ha et de préférer une organisation collective pour apporter plus de confort aux producteurs, mutualiser les moyens (matériel agricole, préparation et transport des produits… ) et la commercialisation. Avec un triple objectif : approvisionner la population locale, pérenniser les espaces agricoles et naturels et préserver l’environnement.
Depuis un an, un projet pilote dédié à l’agriculture biologique, les Hauts prés à Val de Reuil, a vu le jour sur un périmètre de 22 ha en communauté d’agglomération Seine Eure. En 2012, les premiers produits bio issus des Hauts prés devraient arriver dans les cantines de la région.

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