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Quand l’agrobusiness dérape

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Environ 350 000 hectares de terres agricoles, en Amérique latine principalement, sont employés pour la culture du soja destiné à nourrir le cheptel européen alors qu’un quart de la population locale souffre de malnutrition chronique. En Europe, les agriculteurs touchent de l’argent pour ne pas cultiver une partie de leurs champs. En Autriche, les agriculteurs doivent multiplier par six la taille de leur exploitation pour toucher le même salaire que leurs parents. Le film du journaliste et cinéaste autrichien Erwin Wagenhofer met en lumière les absurdités et les méfaits de l’agriculture industrialisée et de l’agrobusiness. Son film, We feed the world, démonte les mécanismes du marché de l’alimentation mondiale. Sans s’attarder sur ses aspects spectaculaires, mais en montrant simplement le fonctionnement du système, en Roumanie, en France, en Autriche, en Espagne, au Brésil, à Genève, il traque les effets pervers de la PAC ou dénonce la mainmise d’une poignée d’entreprises transnationales sur le marché. C’est là que le film puise toute son efficacité. Les reportages sont ponctués par les interventions de Jean Ziegler, rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Selon lui, « l’agriculture pourrait nourrir 12 milliards d’êtres humains et chaque enfant qui meurt aujourd’hui de faim est assassiné ».

We feed the world, un film d’Erwin Wagenhofer, sortie en salle le 25 avril. Un livre inspiré du film est également disponible : Le marché de la faim, d’Erwin Wagenhofer et Max Annas, Actes Sud, 20 €

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