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Captages prioritaires Quatrième convention de partenariat entre l'APCA et les Entreprises de l'eau

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L'APCA (chambres d'agriculture) et la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E) ont renforcé leur partenariat en signant une 4e convention à Orléans.

«LE renforcement de notre partenariat avec la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E) permettra d'accompagner le doublement de captages d'eau prioritaires qui doivent passer de 500 à 1000 d'ici à 2015 », a déclaré Guy Vasseur, président de l'APCA (chambres d'agriculture), lors d'une conférence à Paris, le 30 avril. Les captages d'eau identifiés comme prioritaires par le Grenelle sont « parmi les plus menacés par les pollutions diffuses, notamment les nitrates et les produits phytosanitaires », selon le ministère de l'Écologie, sachant qu'il y a en France 34 000 captages d'eau potable. Des programmes d'action y sont mis en œuvre pour diminuer la pollution de l'eau. Le nombre de captages visés par ces programmes était fixé à 500 par le Grenelle de l'Environnement. Lors de la deuxième Conférence environnementale en 2013, les acteurs de la filière ont décidé d'augmenter le nombre de captages prioritaires à 1000 pour multiplier les actions de reconquête du bon état des masses d'eau. À l'échelle européenne, c'est la directive cadre sur l'eau de 2000 qui fixe pour objectif d'atteindre le bon état des masses d'eau en 2015. En France, la protection des aires d'alimentation de captage se déroule en trois temps : identification de l'aire, diagnostic des pressions puis construction d'un plan d'action. Philippe Maillard, président de FP2E, a rappelé que l'eau potable est une ressource très sûre d'un point de vue sanitaire : « En France, dix millions d'analyses sont réalisés tous les ans ».

Néanmoins, 10% des eaux sont traités à cause des nitrates et 20% à cause des phytosanitaires. « Notre objectif est de diminuer encore ces chiffres », assure Guy Vasseur. Dans cette perspective, le partenariat entre l'APCA et les FP2E existe depuis 2009. Ils ont signé en 2014 une Charte de bonnes pratiques pour présenter de nouveau « leurs engagements communs pour une production de la ressource en eau potable performante et durable ».

Des actions de terrain

L'agriculture est un levier incontournable pour diminuer la pollution des eaux. Les sources de pollution sont diffuses ou ponctuelles (1). Pour agir sur la pollution diffuse, les leviers principaux sont les changements de pratiques agricoles : agriculture biologique, agriculture raisonnée, agriculture de précision, etc. « Nous devons miser sur la précision du nouveau matériel pour diminuer les doses de traitements », complète Didier Marteau, président de la Commission environnement à l'APCA. Pour lutter contre les pollutions ponctuelles, des travaux sont souvent nécessaires. À Orléans par exemple, une convention tripartite (2) pour la protection des captages du Val a été signée. « Une cinquantaine d'exploitations agricoles étaient concernées (grandes cultures, maraîchage, horticulture) », explique Mélanie Hovan, conseillère spécialisée eau et déchets agricoles à la Chambre d'agriculture du Loiret. « De nombreux aménagements étaient à faire pour lutter contre les pollutions diffuses », se rappelle-t-elle. Ils ont été imposés par DUP (déclaration d'utilité publique) sur les fermes et zones concernées : aires de stockage engrais solides, réhabilitation de têtes de forages… Le coût total des travaux s'est chiffré à 180 000 euros.

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(1) La pollution diffuse agricole consiste en une dégradation de la ressource en eau sur l'ensemble d'un territoire en raison de rejets agricoles qui ne sont pas issus d'un point particulier de ce territoire. La pollution ponctuelle est liée à des manipulations « accidentelles » de produits phytosanitaires ou aux bâtiments d'élevage.

(2) Convention entre la Mairie d'Orléan, l'Orléannaise des eaux et la Chambre d'agriculture du Loiret

Reconquérir le bon état des masses d'eau : un objectif de long terme

RECONQUÉRIR le bon état des masses d'eau ne se fait pas du jour au lendemain. « Les actions mises en places prennent du temps. Les effets ne sont pas immédiats et sont parfois observables trois, cinq, voire dix ans plus tard », a expliqué Philippe Maillard, président de FP2E (entreprises de l'eau), lors d'une conférence à Paris, le 30 avril. Exception faite des programmes d'action mis en œuvre par l'APCA (chambres d'agriculture), FP2E et les collectivités territoriales, les politiques nationales se penchent aussi sur la question. Ainsi, la loi d'Avenir agricole qui a été examinée par le Sénat début avril, devrait confier aux préfets de nouvelles possibilités pour la gestion des aires d'alimentation des captages d'eau potable. Ils pourront imposer le respect d'une certaine distance de sécurité des habitations lors de l'utilisation de produits phytosanitaires, alors que le Conseil d'Etat pourra « prévoir l'interdiction de l'usage de substances dangereuses pour la santé ou l'environnement » dans les aires d'alimentation des captages d'eau potable (voir AgraPresse du 21 avril 2014 – N°3444).