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FNSEA « Que l’agriculture française redevienne n°1 en Europe »

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Xavier Beulin, le nouveau président de la FNSEA, a voulu imprimer sa marque lors de sa présentation des vœux à la presse, le 5 janvier. « Nous aurons, à la FNSEA, comme fil rouge de 2011 notre propre compétitivité en tant qu’agriculteurs », a-t-il déclaré, souhaitant « que l’agriculture française redevienne n°1 en Europe ». Un souhait qui concerne « les actifs agricoles et ceux qui travaillent avec nous », a ajouté un président qui n’a pas « peur des mots “productivité” ou “compétitivité” » et refuse de « cultiver la sinistrose ». La FNSEA jouera son rôle d’appui aux producteurs dans le cadre de la contractualisation rendue obligatoire par la loi. Xavier Beulin souhaite également initier de nouvelles relations entre la filière de l’élevage et le secteur céréalier, évoquant des contrats « directs » entre les fabricants d’aliments du bétail et les coopératives céréalières.

La compétitivité de l’agriculture française est le leitmotiv de Xavier Beulin. « Oui, j’ai envie que l’agriculture française redevienne numéro un en Europe », a-t-il lancé lors de ses vœux à la presse, le 5 janvier. L’enjeu est de combiner « intelligemment » cet objectif avec la gestion des ressources, des sols et la biodiversité. Justement : cette problématique fera l’objet du rapport d’orientation du congrès électif de Saint-Malo fin mars. Au programme également : « un grand rassemblement » en mai 2011 avec des délégations professionnelles, syndicales et des personnalités de différents pays sur les thématiques du réchauffement climatique, de la régulation des marchés et des relations entre le Nord et le Sud. L’idée est d’appuyer le travail de Nicolas Sarkozy dans le cadre de la présidence française du G20 pour une meilleure régulation des matières premières. Xavier Beulin a d’ailleurs rendez-vous avez le chef de l’Etat la semaine du 10 janvier. Il n’est pas exclu que le président de la République clôture cet événement.

Contractualisation

Plus terre à terre, la question de la contractualisation dans les filières fruits et légumes ainsi que dans le secteur lait pose question. « Il ne faudrait pas confondre vitesse et précipitation », a rappelé Xavier Beulin alors que Bruno Le Maire souhaite assurer « le service après vente » de sa loi de modernisation. Le ministre presse les producteurs de contractualiser dans les fruits et légumes au 1er mars et dans la filière laitière au 1er avril. « Le président Nicolas Sarkozy s’est impliqué personnellement dans ce dossier », a rappelé Xavier Beulin. Le problème est que la publication du décret sur les organisations de producteurs dans le secteur laitier n’est pas prévue avant la fin 2011, a-t-il regretté. Ce décret doit, selon les informations du président de la FNSEA, être compatible avec le « paquet lait » législatif de la Commission européenne. C’est « l’une des raisons de la non-parution du décret ». Dans ce nouveau contexte, la FNSEA assure qu’elle « mettra tout en œuvre pour ne pas laisser les agriculteurs seuls » dans cette négociation avec leur entreprise. Il s’agit pour le syndicat « d’accompagner les agriculteurs ».

Des relations directes céréaliers-éleveurs

Xavier Beulin compte aussi initier une réflexion sur un autre type de contrat entre le monde de l’élevage et le secteur des céréales. Plutôt que de devoir se couvrir sur des marchés à terme, les sociétés d’aliments du bétail pourraient nouer des contrats d’approvisionnement directement avec les céréaliers. A la clef, une économie de l’ordre de 30 à 40 euros la tonne de céréales pour des cotations qui atteignent aujourd’hui les 240 euros.
Le dossier est d’autant plus urgent que tous les observateurs s’attendent à des tensions toujours plus fortes sur les prix des céréales début 2011 compte tenu d’inondations en Australie, de mauvaises récoltes en Amérique du Sud et d’une spéculation tentée par « des prises de profit à court terme », selon Xavier Beulin. Autre occasion de baisse des coûts pour les éleveurs, la possibilité d’importer des sous-produits de maïs (drêches) qui peuvent remplacer des céréales. Evoquant par avance des bateaux qui vont bientôt être déchargés sur des ports de l’Ouest avec des drêches de maïs OGM, Xavier Beulin confie qu’il s’attend à des réactions d’écologistes quand bien même ces produits sont autorisés. Mais, remarque-t-il, ne vaut-il pas mieux nourrir les animaux avec ces sous-produits plutôt que de leur donner du blé qu’on peut exporter à bon prix aujourd’hui sur les marchés mondiaux ?
La Pac a aussi un rôle à jouer pour contrer cette volatilité. « S’il était possible d’adapter son budget, entre deux années, pour une part allant de 10 à 15 % », rappelle-t-il, cette flexibilité pourrait compenser les conséquences d’une volatilité trop forte sur le secteur. Autant de leviers qui devraient permettre à l’agriculture française de redevenir numéro 1 en Europe. « L’agriculture française n’est pas toujours dans le meilleur environnement et le plus souhaitable, souligne le leader de la FNSEA. Une part de responsabilité en incombe aux pouvoirs publics mais aussi à nous ».

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