En difficulté, St Mamet (Conserve France) cherche comment financer ses projets de développement. Le sort de l'entreprise, qui a supprimé 20 % de ses effectifs depuis 2010, est suivi de près par les pouvoirs publics.
EN perte depuis plusieurs années, Conserves France (St Mamet) n'est pas sûre d'obtenir l'appui de son propriétaire, la coopérative Conserve Italia, pour financer ses projets de développement. L'entreprise étudie actuellement la possibilité de « nouer des partenariats pour dégager des synergies et augmenter les moyens marketing », nous a confirmé Michel Ferrari, son directeur. Une façon pudique de dire que St Mamet est en vente. Il affirme par ailleurs que les résultats de l'entreprise s'améliorent, même s'il se refuse à parler de retour à l'équilibre pour 2014.
St Mamet, connue pour ses fruits au sirop, réalise 100 de ses 170 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le fruit, le reste dans le légume. Un premier plan social, portant sur 67 postes, a été mené à bien en 2010. Suivi par un autre, concernant 44 personnes, l'an passé. Conserves France emploie désormais 420 permanents sur trois sites (700 équivalent temps plein avec les saisonniers). « Ces restructurations ont affecté le site de Tarascon, qui est en difficulté et sur lequel nous avons réduit la production. Mais nous avons amélioré la productivité sur le site de Vauvert », nuance Michel Ferrari.
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Confrontée à un marché de fruits au sirop déclinant, St Mamet a décidé de se diversifier sur les compotes, qui sont, elles, en plein essor. « Nous mettons le cap sur l'innovation pour redévelopper le niveau de chiffre d'affaires et de marge de la marque St Mamet », annonce Michel Ferrari. C'est ainsi qu'ont été développés des kits à pâtisser ou encore un berlingot de compote dont la texture est à mi-chemin ave celle du smoothie et qui se déguste à la paille. Déjà lancé chez McDonald's, ce produit arrive en GMS ce mois-ci. « Le marché des gourdes est mature, il est désormais possible de lancer d'autres produits, notamment pour cibler les adultes. Mais sur des projets comme celui là, nous avons des besoins marketing et publicitaires importants et Conserve Italia se pose la question d'investir autant que ce dont nous avons besoin. » Contacté par Agra Alimentation, Jean-Paul Jonard, délégué syndical FO, n'a pas souhaité commenter dans le détail les difficultés de Conserves France. Tout comme la direction, le syndicaliste explique que la cession de l'entreprise n'est pas imminente, contrairement à ce qu'affirmait le Figaro en mars dernier. Direction et représentant du personnel confirment cependant que le dossier est suivi de près par les pouvoirs publics, notamment par la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt.