Dans la compétition, tout à fait légitime et saine, que se livrent deux personnalités pour briguer la direction de l’Inra, l’Institut de recherche agronomique, il faut sans doute, aussi, regarder au-delà des personnalités.

Quel doit être le rôle de l’Inra aujourd’hui et surtout pour les années à venir ? Un institut de recherche très fondamentale, visant à publier le maximum d’articles scientifiques au niveau mondial, mettant en œuvre des travaux de chercheurs de haut niveau, en posture d’être nobelisés, pourrait-on dire ?

Ou bien l’Inra doit-il être un institut de recherche appliquée, visant avant tout à travailler pour le monde agricole et celui des filières alimentaires, collaborant étroitement avec les chambres d’agriculture par exemple ?

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

institut de recherche
Suivi
Suivre
recherche
Suivi
Suivre

Bien sûr, ce bel organisme doit viser les deux objectifs, dira-t-on. Mais il n’est pas sûr qu’en ces temps de financements difficiles à réunir ce double objectif soit facilement réalisable. Et puis, la culture d’un des modèles n’est pas forcément celle de l’autre. Ancien chercheur et ancien ministre, Henri Nallet opte nettement pour un Inra-organisme de recherche appliquée. À l’inverse, un collectif de chercheurs, Sciences en marche, s’est récemment déclaré favorable à un patron chercheur « pour assurer la crédibilité de l’Inra sur la scène internationale ». Autrement dit pour un organisme de recherche fondamentale de grande pointure. Cependant, si, parmi les 8 290 agents de l’Institut figurent 1 840 chercheurs titulaires, il s’y trouve aussi plus de 6 000 ingénieurs et techniciens supérieurs qui n’ont peut-être pas la même idée de leur maison.

Les agriculteurs traversent aujourd’hui une période extrêmement difficile. Les marchés sont chamboulés, les technologies avancent à grand pas en rendant leur avenir très problématique. Plus que jamais ils ont besoin d’un institut de recherche qui travaille pour eux. Quel qu’il soit, le futur patron de l’Inra doit en tenir compte.