Une fermeture de raffinerie de sucre à Nantes ou d’unités de production Amora-Maille à Dijon, quel rapport ? Et quelle relation avec les choix (ou non-choix) qui ont présidé au vote du bilan de santé de la PAC la semaine dernière ou de la LME au printemps ? Aucune, apparemment. Et pourtant il ne va pas s’écouler de longs mois avant qu’on ne se lamente parce que des éleveurs abandonnent leur production de lait ou de viande plus assez rémunératrice. Ou parce que les usines manquent de matières premières assez proches ou n’ont plus de débouchés un peu sûrs et solvables depuis la disparition de tout soutien à l’exportation (sucre, porc, volaille, pour ne prendre que ces exemples). Ou parce que, à travers la loi de modernisation, on a (comme disent certains) « livré les clés » de ces mêmes usines à la grande distribution au nom de la libre négociabilité. L’époque est, paraît-il, propice au retour aux fondamentaux, même à ceux du Traité de Rome, a osé dire Michel Barnier avant de conclure de la façon que l’on sait du haut de la présidence française de l’UE. Car le compromis sur la PAC serre d’un cran de plus le nœud coulant que représente la dérégulation pour l’économie agroalimentaire. C’est ce que pensent tout bas nombre d’industriels – sans doute pas tous, puisque le secteur évite de commenter ces mesures – et ce que crient très fort les milieux coopératifs et les lobbys agricoles. Difficile en tout cas d’y voir un souffle porteur ou des chances supplémentaires pour aucun secteur.
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