Signe des temps, c’est à Bercy que toute la filière agroalimentaire a eu son premier rendez-vous avec le nouveau pouvoir. Sujet imposé, non pas les hausses de matières premières dont chacun pourtant s’est empressé de parler à la sortie, mais le calendrier pour achever la réforme de la loi Galland. En jeu le pouvoir d’achat et l’amélioration des rapports industrie-commerce. Les partisans (FCD, ILEC) du « tout tout de suite » (triple net, dépénalisation, contrat unique…) pouvaient bien promettre la disparition complète des marges arrière (qui continuent à monter !), en fait la « complète liberté des prix » chère à M.E. Leclerc n’est pas pour demain. Ni Christine Lagarde ni Luc Chatel ne s’y sont engagés. Le secrétaire d’Etat parle bien d’« aller jusqu’au bout en permettant de réintégrer toutes les marges arrière dans les prix de vente » mais c’est la voie de la lenteur qui a été choisie : le plafond de 15 % » fixé par la loi Dutreil pour 2007 restera en vigueur en 2008 et le Parlement ne votera un texte qu’en mars-avril au mieux, applicable donc en 2009. Pour ceux – nombreux à l’ANIA et surtout à la FEEF – qui ne veulent même pas du « triple net » à l’horizon 2009, cela laisse du temps pour militer dans leur sens. Jean-René Buisson juge, lui, qu’à cette échéance « c’est jouable » mais après un accord avec la distribution sur les autres sujets (rationaliser les pénalités, simplifier les classes de CGV, rendre efficaces les sanctions civiles, etc.).

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Plus réservé, le président de la FEEF demande d’abord une étude d’impact et déplore un nouveau « politiquement correct » qui interdit toute critique du trois fois net : s’il convient de sortir du « guêpier juridique des marges arrière », il ne faut pas se précipiter car, pour Alain Rouleau, « quand les enseignes rogneront sur leurs marges pour vendre les marques des multinationales, elles se rattraperont sur les marques des PME et les fabricants de MDD devront sacrifier leurs marges encore plus, ou laisser place à d’autres venus de pays à faibles coûts. A l’horizon, destruction de valeur et délocalisations frapperont l’ensemble du tissu agroalimentaire français », prévient-il.