Le Syndicat national de l’industrie des viandes (SNIV) lance, dans sa lettre hebdomadaire, un cri d’alarme à propos des menaces qui pèsent, selon lui, sur le tissu industriel français de la viande bovine. Revenant sur le dossier équarrissage, il souligne que « la sortie de crise ESB est d’autant plus remarquable par son côté inorganisé, chaotique et divisé que la gestion de celle-ci avait été maîtrisée, anticipée et solidaire ». Pour lui, alors que la gravité des deux crises ESB et les mesures alors décidées avaient conduit « à une sorte de mise sous tutelle de toute la filière », les pouvoirs publics se désengagent « sans transition aucune », au moment même où les entreprises d’abattage-transformation sont confrontées aux conséquences de la raréfaction de la production. Elles font face à la tension sur les prix d’achat qui en découle, à la concurrence exacerbée qu’elles se livrent et à la stratégie de « guerre des prix les plus bas » de la grande distribution. Cette conjoncture très difficile est annonciatrice de nouvelles restructurations, assure le syndicat, citant une étude publiée récemment par la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne Dossier « Viande bovine : comment gérer la décroissance », mars 2004. Ces restructurations seront rendues nécessaires par « la surcapacité structurelle d’abattage face au recul de la production, évolution qui sera rendue d’autant plus nécessaire que la distribution alimentaire continue à se concentrer », peut-on lire dans ce dossier. Quant à la réforme de la Pac, elle « n’est pas seulement agricole mais aussi industrielle. Elle pourrait ainsi aboutir à un allègement du cheptel bovin, plutôt favorable aux éleveurs, mais générant une désertification industrielle », estiment les auteurs de l’étude.
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