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Une des nombreuses leçons à tirer de la crise de la viande de cheval est aussi celle de la gouvernance des coopératives. C’est en tout cas une des leçons que l’on tire au sein du mouvement coopératif agricole où cette question est souvent abordée dans des groupes de travail.
La société Spanghero est en effet, depuis sa reprise en 2009, filiale de la coopérative Lur Berri.
À l’époque, l’accord entre Lur Berri et la famille Spanghero prévoit que Jean-Marc Spanghero reste directeur général de l’entreprise. Mais les résultats ne sont pas satisfaisants. En 2011, raconte un professionnel proche du secteur, un autre industriel de la viande, Jacques Poujol vend à son tour son entreprise au groupe Arcadie dont Lur Berri est actionnaire. Celle-ci lui demande alors de gérer sa filiale Spanghero, renommée « A la table de Spanghero ».
Quelles sont les responsabilités partagées entre le directeur général de la filiale de droit privé et les administrateurs coopérateurs de Lur Berri, conduits par le président Sauveur Urrutiaguer ? C’est une question qui n’est pas tranchée. « Je ne puis croire un instant que Sauveur Urrutiaguer ait été au courant », confie Philippe Mangin, président de Coop de France. L’événement pose bien tout le problème du contrôle des administrateurs et présidents de coopératives sur la gestion des directeurs et cadres de ces entreprises et de leurs filiales. Le législateur pourrait d’ailleurs prochainement se pencher sur la question. Dans des métiers devenus extrêmement complexes, avec des filiales parfois en roue libre, les propriétaires coopérateurs que sont les agriculteurs doivent redoubler d’attention. Pour éviter d’être abusés.
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