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Production ovine Quelle influence a la fête de l’Aïd sur le marché des ovins ?

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Dans un contexte de prix déjà élevés avec une disponibilité en agneaux réduite, l’impact de la fête musulmane de l’Aïd el Kébir, qui s’est déroulée le 16 novembre, n’est pas négligeable sur le marché ovin.

«L’Aïd el Kébir a un impact important sur le marché ovin français », déclare Anne Mottet, agro-économiste à l’Institut de l’élevage. « Cela se traduit par une forte demande ponctuelle, qui tire les prix à la production vers le haut ». Le prix moyen pondéré de l’agneau français calculé par FranceAgriMer a atteint 6,05€/kg en semaine 46, semaine de l’Aïd, alors qu’il était à 5,82€/kg en semaine 42 (+5% par rapport à octobre 2009). Entretemps, il n’a fait qu’augmenter. Depuis, la hausse s’est calmée puisque ce prix n’a repris qu’un centime la semaine suivant l’Aïd (6,06€/kg). Cette année, les prix sont élevés car les disponibilités sont réduites, partout dans le monde. « En 2009, l’Aïd avait eu lieu le 27 novembre alors qu’en 2008, il avait eu lieu le 8 décembre. Les abattages de novembre 2009 avaient dépassé de 22% leur niveau de 2008. Ces volumes supplémentaires pourraient être attribués à l’Aïd, explique Anne Mottet. On peut donc considérer qu’environ 50 000 agneaux supplémentaires ont été abattus pour l’Aïd 2009, selon les abattages contrôlés communiqués par le Service de la statistique et de la prospective. »

Des abattages plus contrôlés
Cette année, la fête de l’Aïd ayant lieu le même mois que l’année précédente, même si les chiffres ne sont pas encore là, il sera difficile d’évaluer la part des abattages liée à cette fête. Cela dit, « les abattoirs ont toujours un pic d’activité, pendant les quelques jours précédant l’Aïd », confirme Anne Mottet. Observe-t-on une hausse de ces abattages avec les années ? « Je ne saurais dire si l’impact de l’Aïd est de plus en plus important. En tout cas, les abattages pour cette fête ont de plus en plus lieu dans les abattoirs contrôlés et sont donc de plus en plus enregistrés », répond Anne Mottet. Les agneaux sont issus de l’élevage français, mais ils peuvent également être importés vivants. « La France importe annuellement environ 500 000 agneaux, dont les Pays-Bas fournissent plus de 40%, l’Espagne 18%, la Hongrie 18%. Pour ce dernier pays, il s’agit en partie d’agneaux roumains ré-exportés. Ces importations de vif sont plus importantes en période de l’Aïd », conclut Anne Mottet.

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