Abonné

Gestion des marchés Quelle organisation pour les interprofessions ?

- - 3 min

Avant même qu’une réunion de concertation ne se tienne, à l’initiative du Cniel (interprofession laitière), à une date indéterminée, toutes les parties concernées s’interrogeaient : comme l’arrivée des syndicats minoritaires dans les interprofessions allait-elle se concrétiser ?

En affirmant, la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, que la FNSEA ne s’opposerait plus à une représentation des syndicats minoritaires dans les interprofessions, Xavier Beulin peut se flatter d’avoir déclenché une avalanche de commentaires et d’interrogations dans les couloirs du centre d’exposition de la porte de Versailles à Paris. Comment va se traduire cette ouverture ? Comment vont être évaluées les représentativités des syndicats appelés à siéger dans le collège producteurs des interprofessions ? Qui en décidera ? Un syndicat qui, comme la Confédération paysanne, a par principe refusé les branches sectorielles, va-t-il devoir évoluer sur ce point ?
Autre question, comment fonctionneront les interprofessions ? Pour Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, l’ouverture aux interprofessions ne doit pas se faire sans « conserver la règle de l’unanimité », ceci afin d’être plus qu’une « caution morale » au sein des interprofessions. Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, estime au contraire que cette règle de l’unanimité « sera difficile à faire avaler », et prône une évolution plus radicale des interprofessions. Pourquoi ne pas y faire entrer « les consommateurs, qui sont aussi concernés par la question agricole, (…) voire la distribution », suggère-t-il. Le syndicat milite également pour une séparation de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, afin de respecter au mieux la représentativité au sein des interprofessions. Jérôme Chapon, coresponsable du dossier chez les Jeunes agriculteurs, n’exclut pas que les JA veuillent être représentés en tant que tel. En tout cas, « on veut être dans la réflexion », dit-il. Tel que présenté par le président de la FNSEA, Xavier Beulin, l’ouverture des interprofessions passerait par des branches spécialisées dans les différentes filières. Mais « la représentativité de la FNPL n’a jamais été mesurée », aime à rappeler Vincent Pennober, secrétaire national de la Confédération paysanne. « La seule représentativité mesurée aujourd’hui, c’est celle des élections aux chambres », précise Philippe Collin. La question se pose aussi, de savoir qui représente les producteurs ? Les syndicats d’agriculteurs, seulement, ou bien aussi des OP (organisations économiques de producteurs) voire des coopératives ?
Bon nombre de militants de la FNSEA estimaient en tout cas que la décision avait été prise au bon moment, sous un ciel rendu serein par des prix du lait qui se portent bien. Un bon moment aussi après la position adoptée par le Conseil constitutionnel qui renforce le caractère privé des interprofessions. Le 24 février, il s’agissait d’ailleurs d’un des arguments de Xavier Beulin pour justifier le vote de son conseil d’administration. Certains y voyaient cependant la « patte » du ministre de l’Agriculture tandis que d’autres louaient « le courage et la lucidité » du président de la FNSEA. Et de se demander quand aurait lieu la première réunion de concertation que devrait convoquer le Cniel, l’interprofession laitière en première ligne pour expérimenter cette interprofession pluraliste.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre