Enseignement formation > Le Campus des métiers et des qualifications Agrosciences, Agroalimentaire et Alimentation Paca a réuni, lors d’un séminaire, les branches professionnelles, l’enseignement et la formation afin de travailler sur les méthodes et outils pédagogiques pour relever le défi de la mutation numérique.
Campus 3 A, piloté par l’Université d’Avignon, a rassemblé le 25 septembre une quinzaine d’intervenants du monde de l’entreprise, de la formation et de l’enseignement dans un séminaire réunissant près de 130 participants, suivi d’ateliers de travail. Objectif : définir les nouvelles compétences et qualifications à l’heure où la filière doit réussir sa transition numérique. Le chantier est immense. Une étude de BPI France dévoile que 38 % des responsables de TPE-PME, tous secteurs confondus, demandent encore à en être convaincus de la mutation digitale même si 52 % ont compris son importance, voire engagé quelques premières actions. Seul un sur dix se dit pleinement engagé dans la transformation numérique. En grande majorité, les acteurs ne savent pas sous quel axe s’attaquer au sujet. De leur côté, les établissements de formation, les collèges, les lycées et les universités ne sont pas plus avancés malgré les travaux de recherche d’équipes comme le service innovation d’Opcalim conduit par Catherine Guyonnet et Anne Keravel ou le think tank Renaissance numérique présidé par Henri Isaac, professeur à Paris Dauphine.
Changer les organisations
Le séminaire a permis de dégager que la nouvelle économie du savoir s’appuie sur des pratiques digitales qui mettent à mal les organisations hiérarchiques des entreprises où les différents services communiquent mal entre eux. La formation initiale et continue doit pleinement intégrer les bonnes pratiques du management collaboratif. Ensuite, la méthode classique de l’enseignement descendant du professeur ou formateur vers un auditoire d’apprenants voit ses jours comptés au profit de pédagogies très participatives dites actives.
Formations inclusives
Le centre de formation de la métallurgie à Istres dans les Bouches-du-Rhône, partenaire de l’IFRIA Paca, synthétise les bonnes pratiques en cette rentrée 2018. L’équipe adopte la pédagogie active et la classe inversée. Les apprenants disposent de toutes les ressources pour construire un projet collectif. La mission du formateur se concentre sur un accompagnement de l’apprenant pour l’aider à trouver, par lui-même, les bonnes solutions. Au préalable, Emilie Marty, une psychologue rompue aux approches cognitives, mesure le niveau d’autonomie de chaque apprenant dans l'acquisition des connaissances afin d'adapter son accompagnement. Les étudiants ne travaillent qu’en mode projet avec les outils de l’usine 4.0, des robots, une multitude de capteurs qui communiquent en eux, un tech lab où ils conçoivent des schémas de production tout en optimisant la gestion des données sur un cloud. À leur disposition, des tablettes, des imprimantes 3 D, des outils de formation en réalité augmentée, en réalité virtuelle avec lunettes 3 D et manettes et demain des lunettes connectées. L’année qui débute verra ses 20 premiers bachelors en big data industriel, maintenance ainsi qu’en logistique. Des techniciens industriels rompus aux pratiques digitales, capables de communiquer et d’exprimer leurs besoins avec des ingénieurs spécialisés dans la mutation numérique.
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Formation continue
Dans les dix ans qui viennent, les 60 000 cadres de l’industrie agroalimentaire bénéficieront des formations développées par le programme Hill (Hybrid Innovative Learning Lab). Pas moins de 22 partenaires développent des schémas pédagogiques en mode projet participatif où les apprenants disposent de tous les outils d’enseignement à distance (documents, cours en ligne, vidéos, quizz…), des simulateurs et des lieux physiques pour travailler ensemble.
Former les formateurs
Face à de telles avancées, les participants du séminaire demandent un plan d’urgence qui s’appuie sur trois piliers : un équipement numérique des établissements, une formation des formateurs et enseignants à ces outils digitaux et aux pédagogies actives, et surtout, un vaste plan de formation des managers de l’enseignement et de la formation à la gestion du changement. La révolution numérique pose ses premiers jalons.