Les professionnels du monde viticole s’interrogent sur les raisons qui ont amené le gouvernement à décider brutalement la dissolution du conseil de direction de l’ex-Onivins. Le nom de Jérôme Despey circule comme futur président.
Les aides à la restructuration du vignoble sont-elles à l’origine de la dissolution du Conseil de direction ? Ce dernier refusait de voter une baisse de 30% de ces aides imposées par la réduction de l’enveloppe européenne. Le Conseil demandait que le gouvernement intervienne auprès de Bruxelles pour une régularisation des plantations illicites en Espagne et en Italie qui avaient absorbé des primes importantes les autres années et alimentent à présent la distillation.
L’AGPV le regrette : «Supprimer la seule instance interprofessionnelle nationale (...) dans laquelle se retrouvent les principaux acteurs de la filière n’est sûrement pas le meilleur moyen de construire ensemble», écrit-elle dans un communiqué du 17 janvier.
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Le ministère explique que le Conseil de direction «sommeillait» et qu’il n’était plus «représentatif» de la base. Il souhaite un conseil plus resserré d’une trentaine de personnes, capable de travailler avec toute la filière et où toutes les familles et toutes régions ne seront pas forcément représentées.
Le Languedoc Roussillon, une région clef
Certains membres regrettent la brutalité de la décision : ils ont appris la nouvelle à la lecture du Journal officiel. Cette dissolution est parfois perçue comme un «putsch» destiné à placer des membres plus proches du syndicat majoritaire et à écarter des élus qui tiennent tête. Le nom de Jérôme Despey circule comme futur président. A la veille des élections des chambres d’agriculture, cette désignation serait un «plus» pour le syndicat majoritaire qui a du mal à s’imposer dans le secteur viticole. Pour le gouvernement, les enjeux sont importants à l’approche des présidentielles de 2007. Le Languedoc-Roussillon est considéré comme une région clef par Matignon, précisent certains professionnels. La présence d’un président languedocien proche de la majorité lui permettrait de mener sa politique dans la région. La viticulture, par ses emplois directs et induits, représente un secteur économique de premier plan. Hors secteur, le monde rural est également sensible aux mesures touchant la viticulture. Sur le terrain, les professionnels acceptent mal cette volonté politique d’utiliser le secteur et la crise à des fins électorales.