« Les allées du Salon de l’agriculture bruissaient de la perte de confiance des consommateurs liée à l’affaire de la viande de cheval » constate lucidement un communiqué de Coop de France publié après fermeture de cette manifestation emblématique. Tout le monde entendait bien profiter de cette vitrine pour calmer les craintes et rassurer. Le moins qu’on puisse dire est que l’objectif a bel et bien été raté. Deux événements parmi d’autres illustrent ce fiasco. Il y eut par exemple les déclarations pour le moins surprenantes du président d’Interbev, qui a vu défiler sur son stand, quasiment le quart des ministres du gouvernement venus en renfort des professionnels pour vanter la qualité et la traçabilité de nos viandes nationales. Or Dominique Langlois, président de la filière bétail et viande répondait, sans sourciller,  devant les cameras à une question d’un journaliste, que les animaux d’élevage en France ne consommaient pas d’OGM. Les professionnels tentaient ensuite de minimiser cette « bourde », invoquant diverses raisons. Il n’en demeure pas moins que cette déclaration est bel et bien perçue avant tout comme un mensonge et que les images prises pourront resurgir à tout moment pour alimenter des reportages sans complaisance sur les scandales d’une profession « à qui on ne peut faire confiance ». Il eût été habile de dégoupiller ce qui pourrait s’avérer être une bombe à retardement. L’autre péripétie que pourraient retenir les consommateurs médusés est la bataille de noms d’oiseaux auxquels se sont livrés les divers acteurs de la filière alimentaire, en fin de semaine. La trêve signée pour faire front face au « horsegate » aura rapidement volé en éclat autour des négociations tarifaires annuelles. « Le salon a sonné le glas des négociations commerciales » reconnaissait même Michel-Edouard Leclerc sur son blog. Et peut-être également celui des illusions des consommateurs ?

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