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Confiserie/ Acquisition Rachat de Cadbury : Ferrero jetterait l’éponge

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Ferrero avait la possibilité de bénéficier d’un prêt de 3,1 milliards d’euros de la part de banques italiennes pour faire une contre-offre avec Hershey pour acquérir Cadbury. Selon le Wall Street Journal, le groupe italien aurait finalement décidé de se détourner du confiseur britannique. Par ailleurs, Cadbury encourage Hershey à lui faire une proposition.

Le feuilleton Cadbury continue. Selon le Wall Street Journal, Ferrero aurait décidé de ne pas faire d’offre pour reprendre le confiseur britannique. Le chocolatier italien venait pourtant d’obtenir la possibilité d’un prêt d’environ 3,1 milliards d’euros de la part des banques Mediobanca et Unicredit, qui lui permettait de faire une offre d’achat avec Hershey ou avec le fonds d’investissement Blackstone. Malgré ses 2 milliards d’euros de trésorerie, Ferrero n’aurait pas eu les moyens de s’offrir Cadbury seul. Selon des sources proches du dossier, Hershey et Ferrero n’auraient pas réussi à se mettre d’accord sur le partage des actifs et il serait très peu probable que des fonds d’investissement rentrent si tard dans la bataille. D’après Reuters, il semble plus plausible que Blackstone reste attentiste afin de reprendre des actifs pouvant être mis en vente en cas d’accord Kraft-Cadbury ou Hershey-Cadbury.

Cadbury engage des discussions avec Hershey
Le groupe familial Ferrero, qui a toujours été réticent aux croissances externes, ne semble donc pas prêt à changer ses habitudes. Il ne reste donc plus que Kraft et peut-être Hershey en course, Nestlé s’étant retiré des négociations (1). Cadbury fait monter les enchères et a notamment engagé des discussions avec Hershey pour l’encourager à faire une offre. « Des administrateurs de Cadbury ont dit à leurs homologues de Hershey qu’ils voteraient en faveur d’une offre de leur groupe et ont donné des indications sur le niveau de prix qui obtiendrait leur accord », affirme le Wall Street Journal. Selon le journal Il Sole, Hershey serait d’ailleurs en train de négocier avec ses banques un financement de 7 milliards de dollars (4,8 milliards d’euros). La date limite pour déposer une contre-offre est le 23 janvier.
Quant au groupe Kraft, il ne semble pas prêt à lâcher l’affaire : il vient de relever son offre grâce à la cession de son activité nord-américaine de pizzas à Nestlé, mais s’est encore heurté au refus de Cadbury. Warren Buffett, qui détient 9,4 % de Kraft, s’est prononcé contre le projet du groupe d’émettre 370 millions d’actions nouvelles afin de financer le rachat de Cadbury.

Forte croissance de Cadbury
Par ailleurs, Cadbury a annoncé avoir enregistré une performance financière « remarquable » l’année dernière. Sa croissance s’est en effet élevée à 11 % (5 % hors effets de changes). Sa marge a quant à elle atteint 13,5 % sur l’exercice, en hausse de 160 points de base par rapport à 2008. Roger Carr, qui préside Cadbury, a profité de l’annonce de ces bons résultats pour affirmer à l’attention de ses actionnaires que « l’offre de Kraft est encore plus repoussante aujourd’hui que lorsque Kraft l’avait lancée formellement en décembre (…) Ne laissez pas Kraft voler votre entreprise avec son offre dérisoire ». Kraft précisera les termes détaillés de son offre le 19 janvier, date butoir fixée par l’autorité britannique des fusions-acquisitions, pour la présentation d’une offre modifiée.

(1 ) Cf Agra alimentation  n°2089 du 17 décembre p 20

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