Abonné

HUILE D'OLIVE/RACHAT Rachat de Deoleo : CVC Capital Partners offre le meilleur prix

- - 4 min

Pour avoir redressé ses comptes et disposer de marques connues (Bertolli, Carapelli, Carbonnell, …), le leader mondial de l'huile d'olive, qui cherche de nouveaux actionnaires pour remplacer les banques détentrices de 31% de son capital, suscite décidément beaucoup d'intérêt. Le 2 avril, l'entre-prise a reçu sept offres de reprise, dont celle du FSI (Fonds stratégique italien), appuyé par Quatar Holding, alors qu'industriels et politiques espagnols veulent éviter que ce fleuron de l'industrie national tombe en mains étrangères. Fait nouveau, Bunge et Dcoop, du groupe Hojiblanca, un concurrent dans l'huile d'olive, figurent parmi les prétendants. Les offres déposées, qui portent sur 100 % du capital sont inférieures aux cours actuels de l'entreprise (0,425 €/action le 1er avril).

EN 2008, Deoleo, qui s'appelait alors Sos Cuétara SA, mettait la main sur une des perles de l'industrie italienne, Bertolli, racheté à prix d'or (630 M€) à Unilever. Trop lourdement endettée, l'entreprise n'a dû son redressement qu'à la cession de son activité riz (Cuetara), à l'injection de capitaux frais par les banques, soutenue par de nouveaux actionnaires (Hojiblanca en 2013) et à des réductions d'emplois (11% des effectifs en 2012). Par un curieux retournement de l'histoire, c'est aujourd'hui la perspective de voir Deoleo perdre son « hispanité » qui provoque une levée de bouclier outre-Pyrénées. Renommée Deoleo en 2011 pour témoigner de son recentrage sur l'huile d'olive, l'entreprise qui réalise 60% de son chiffre d'affaires en Italie et en Espagne s'est redressée au point de dégager une marge d'EBITDA de 10% pour l'exercice 2013 et un bénéfice de 20 M€ (contre une perte de 245,6 M€ en 2012).

UNE CANDIDATURE ESPAGNOLE : CELLE D'HOJIBLANCA

C'est ce fleuron de l'industrie espagnole, leader mondial de l'huile d'olive avec des marques comme Carappelli (n°1 un en Italie), Bertolli (la marque la plus vendue dans le monde), Carbonell (co-leader en Espagne avec Hijoblanca) qui ouvre aujourd'hui son capital. Au départ, 31% des titres détenus par des banques (Bankia, CaixaBank, Mare Nostrum et Kutxabank) devaient changer de main. Mais le processus de mise en vente a pris un nouveau tour avec le dépôt des offres de reprise sur la totalité du capital, selon la réglementation en vigueur, le 2 avril. Mercredi 9 avril, Deoleo a annoncé que « la meilleure offre reçue » pour son rachat provenait du fonds britannique CVC Capital Partners, pour 439 millions d'euros. D'autres prétendants se sont également faits connaître, notamment le fonds de capital-risque Carlyle, le fonds de private equity Rhone Group, ou encore l'américain Bunge et Dcoop du groupe Hojiblanca (actionnaire à hauteur de 10 % de Deoleo), ainsi que le fonds IQ Made In Italy, créé par le Fonds stratégique italien et Qatar Holding.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

L'offre de CVC Capital Partners « représente un prix de 0,38 euro par action pour la totalité des actions de l'entreprise, avec d'autres détails qui sont actuellement négociés, mais pour l'instant il n'est pas possible de confirmer si nous parviendrons à un accord et quand cela se fera », a indiqué Deoleo dans un communiqué. Ce prix qui valorise le groupe à 439 millions est inférieur au cours de clôture de Deoleo mardi soir (0,43 euro), les actions du groupe ayant déjà perdu 8,51% de leur valeur depuis le début de l'année.

En attendant le résultat du changement du tour de table, la mobilisation continue pour éviter à Deoleo de passer sous contrôle étranger. Après le gouvernement, les industriels font entendre leurs voix. Rafael Sánchez de Puerta, président de la branche huile d'olive au sein des coopératives agro-alimentaires, s'inquiète ainsi de « voir se répéter les erreurs du passé. Comme lorsque Puleva a été vendue au groupe français Lactalis ».