Les eaux souterraines ont diminué dans 71 % des aquifères du monde, révèle une étude parue dans la revue scientifique Nature le 24 janvier. Couvrant 1 700 aquifères, cette étude présente « la plus grande évaluation des niveaux des eaux souterraines dans le monde », selon ses auteurs. Leur baisse ne cesse de s’accentuer depuis les années 2000, et ce dans trois fois plus d’endroits qu’envisagé, avertissent les auteurs de l’étude. « Les humains peuvent inverser la tendance avec des efforts ciblés, et délibérés », précise toutefois Scott Jasechko, professeur à l’Université USBC, à Santa Barbara (Californie, États-Unis) et co-auteur de l’étude. L’article cite l’exemple de la ville Tucson (Arizona, États-Unis), où l’eau du fleuve Colorado est utilisée pour reconstituer l’aquifère de la vallée voisine d’Avra. « Le remplissage intentionnel des aquifères permet de stocker de l’eau jusqu’au moment où l’on en a besoin », précise M. Jasechko. Et d’ajouter qu’il s’agit d’une méthode « moins chère, moins perturbatrice et moins dangereuse » que les réserves de substitution d’eau.
En outre, « les eaux souterraines stockées peuvent également bénéficier à l’écologie de la région », souligne l’étude. À ce propos, l’une des co-autrices de l’étude, Debra Perrone, souligne que « la recharge des aquifères peut stocker six fois plus d’eau que les réservoirs de surface, pour chaque dollar investi ». Si la recharge des eaux souterraines de Tucson est une « aubaine » pour l’aquifère local, l’étude prévient toutefois que les prélèvements ont provoqué la diminution du puissant fleuve à la surface. « Le Colorado atteint rarement son delta dans le golfe de Californie », souligne ainsi l’étude, qui recommande par ailleurs de se concentrer sur la réduction de la demande.