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Coopératives/Alliance Rapprochement en vue entre Agrial et Union Set

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Alliance stratégique et économique entre les groupes coopératifs Agrial et Union Set. Dissemblables en taille, ils se rapprochent pour massifier leurs apports. La concentration coopérative se poursuit.

Agrial (Caen, Calvados) et Union Set (Le Mans, Sarthe) ont annoncé une alliance stratégique. Ils la fondent sur « une très grande complémentarité des activités et du territoire, mais aussi sur une vision partagée des enjeux. » Objectif : « développer des synergies dans la gestion des filières et des métiers dans le but d’améliorer (…) la compétitivité des offres aux sociétaires tout en préservant l’identité des deux coopératives. » Tout devrait aller très vite, « pour une mise en œuvre opérationnelle dès juillet 2007 », précisent les deux partenaires.

Co-actionnaires du groupe industriel Socopa, Agrial et Union Set n’affichent pourtant pas le même niveau de chiffre d’affaires. Agrial (6 700 salariés) a réalisé l’an passé 1,520 milliard d’euros de CA – 35 % grâce à sa branche légume (1ère et 4e gamme avec la marque Florette) –, 14 % en agrofourniture, 10 % dans les liquides (cidre essentiellement), entre 5 et 10 % pour le porc, la volaille, le lait et la viande bovine.

Durant le même exercice, Union Set a affiché un CA presque cinq fois moins important (363 millions d’euros). Mais qui est réparti à 50-50 entre les productions végétales et animales, et le niveau de collecte de céréales d’Union Set a pratiquement fait jeu égal avec celui d’Agrial (650 000 tonnes contre 700 000 pour Agrial).

Ayant connu un bon exercice 2006 sur le plan des résultats, Agrial cherchait à optimiser son fonctionnement « en agrofourniture, en céréales et en productions animales (porc, bovin, volaille) », précise Michel Oriac, directeur de la communication du groupe de Caen. « Nous voulons pérenniser des branches d’activités, renforcer différents métiers ».

Fin 2006, Union Set se dote d’un nouveau président qui clame immédiatement sa volonté de s’adosser à un groupe. Il fallait trancher dans le vif, dit cet agriculteur de la Sarthe, Arnaud Degoulet. « Nous avons une structure financière insatisfaisante, (…) avec une rentabilité structurellement tout juste à l’équilibre ». Si elle perdurait, cette situation économique risquait d’étouffer peu à peu la coopérative.

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Union Set naît en 1994 sous la forme d’une union, celle de CADS (Sarthe) et CAT (Indre-et-Loire). La fusion intervient en 2001, mais les difficultés se succèdent, selon M. Degoulet, essentiellement à cause de la volaille. Co-actionnaire de Synavi (embryon du groupe Le Gastronome), Union Set perd régulièrement de l’argent. Elle sort définitivement du Gastronome au début des années 2000. Autre moment difficile, la perte en 2003 de 80 000 tonnes d’aliments volailles qu’Union Set fabriquait pour le compte de LDC. Une perte importante (le tiers de son volume annuel) qui n’a pas été compensée : l’usine en nutrition animale tourne aujourd’hui à 180 000 tonnes contre 250 000 tonnes avant 2003.

Un poids important dans la filière porc

Les plans de convergence entre les deux partenaires sont nombreux, disent-ils. En nutrition animale, Agrial manque de capacités industrielles dont dispose Union Set. Des économies d’échelle pour optimiser les coûts sont possibles par la mise en commun des achats, par exemple en produits végétaux, ou la globalisation des services.

« En porc, il faut qu’on y arrive à terme », précise Arnaud Degoulet. Le cumul des sections porcines d’Agrial et Union Set donne une production annuelle de 950 000 porcs charcutiers environ par an. Sur cette production, l’alliance est stratégique car elle permettrait de mieux résister « à la Cooperl, très présente sur la Mayenne, ou Arca très présente sur les pays de la Loire », toujours selon M. Degoulet.

Mais cette alliance ne sera réellement efficace, soulignent les deux partenaires, qu’avec une « gouvernance stratégique et managériale (…) commune afin d’optimiser et de rationaliser les organisations, les investissements et les moyens financiers (…) ». Cette direction qui laissera intacte l’identité des deux coopératives pourrait être un holding de tête détenu par Agrial et Union Set, selon Arnaud Degoulet.