En Bretagne, les agriculteurs ont pris conscience qu’il fallait faire évoluer leurs pratiques pour mieux respecter l’environnement, améliorer la qualité de l’eau. «En matière de résorption des excédents d’azote, de couverture des sols l’hiver, de bandes enherbées le long des cours d’eau, il n’y a plus débat alors que des résistances subistent ailleurs», relève Jean-Paul Hamon, chef du service environnement à la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor.
Mais ce qu’ils comprennent moins, c’est qu’on leur demande aujourd’hui de produire toujours moins cher «pour être compétitifs face aux produits d’importation, et de toujours faire mieux dans le sens de l’environnement», précise Claire Lefort, vétérinaire à la Coopérative des Agriculteurs du Morbihan (CAM 56). Confrontés à une situation économique sans précédent, les agriculteurs n’hésitent plus à «exprimer leur ras-le-bol parce qu’ils ont le sentiment qu’on ajoute sans cesse de nouvelles couches réglementaires», poursuit François Abgrall, en charge du pôle «services et développement» à la CAM 56.
Ce que Patrice Drillet, vice-président de l’Union des groupements de Bretagne (UGPVB) appelle «l’avalanche réglementaire. Il y a les directives, les lois, les circulaires, les arrêtés, puis les thématiques : les bassins versants contentieux, les bassins algues vertes et la pression des contrôles.» «De jeunes éleveurs intègrent dès à présent, dans leur projet d’investissement, les évolutions réglementaires attendues en matière de bien-être animal, de qualité de l’air, poursuit Patrice Drillet. Mais cette stratégie d’anticipation est totalement occultée par l’avalanche réglementaire subie.”
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