Xavier Beulin : « Une assise et une légitimité face au ministre et à tous les échelons »
« Ce score nous donne une assise et une légitimité pour aller défendre l’avenir de l’agriculture française à tous les échelons de décision politique dans notre pays » affirme un communiqué de la FNSEA diffusé le 7 février au matin. « Satisfait » des résultats du scrutin, le président de la fédération Xavier Beulin estime qu’en dépit d’une baisse de la participation, (-10 points), « Près de 55 % de participation, c’est remarquable ». Sur le fond, « nous incarnons un syndicalisme de projet, dit-il, nos adversaires un syndicalisme de rejet. » Quant au bilan de la campagne électorale, le président de la FNSEA constate que « nous avons entendu beaucoup de demandes : consolider la Politique agricole commune, retrouver de la compétitivité dans nos filières, que la réglementation sur les normes et l’environnement soit un peu moins pressante et nous laisse plus de marge de liberté ». Ce vote « nous permettra de nous présenter, du ministre jusqu’au préfet de département et aux instances locales, de manière déterminée, sans excès, mais en sachant que nous sommes majoritaires. »

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La Coordination rurale est satisfaite de sa progression
La Coordination rurale conserve ses chambres du Calvados et du Lot-et-Garonne, et conquiert la chambre de Charente, ainsi que celle du Puy-de-Dôme grâce à une liste commune avec la Confédération paysanne. La CR gagne de surcroît près de 2% au niveau national, passant de 18,7 % en 2007, à 20,49% des voix. « Nous sommes globalement satisfaits et sereins face à ce résultat », confie François Lucas, vice-président de la CR. La Coordination rurale est pourtant loin des objectifs ambitieux qu’elle s’était fixée pendant la campagne : faire passer les listes FNSEA/JA sous les 50 % et devenir majoritaire dans une quinzaine de départements. « On est déçus d’avoir raté de peu certaines chambres », concède d’ailleurs François Lucas. « En Haute-Vienne cela se joue à 64 voix ! », regrette-t-il. Mais pour le syndicat, ces élections ont tout de même un goût de victoire : « Cette fois-ci, on devrait être devant la Confédération paysanne sur tous les plans : chambre, voix, etc. », assure François Lucas : « La CR s’est imposée comme l’alternative à la FNSEA/JA, indique-t-il. On continue notre progression, c’est un encouragement pour continuer dans cette voie ». « Les départements laitiers d’élevages ont donné un sérieux coup de barre dans notre direction », souligne le vice-président de la CR.

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La Confédération paysanne souligne la « fracture céréalier-éleveur »
Crédité de 18,54% des voix (plus celles issues des listes d’union), contre 19,6 % en 2007, la Confédération paysanne se félicite de sa progression dans de nombreux départements, malgré la perte de la chambre de Mayotte. Mais c’est avant tout au niveau départemental que le vote mérite d’être décortiqué, explique Philippe Collin, porte-parole de l’organisation professionnelle. « Ça bouge de 10 à 15 points d’un syndicat à l’autre et d’un département à l’autre », et lorsque l’on analyse ces variations, la « fracture céréaliers-éleveurs » devient évidente, assure-t-il. « La FNSEA et JA ne peuvent plus se prévaloir d’être majoritaires dans le Grand Ouest », en conclut Gérard Durand, secrétaire national de l’organisation professionnelle. Néanmoins, même si la FNSEA/JA régresse dans ces départements, la Confédération paysanne n’aura pas réussi à lui reprendre une seule chambre. « L’évolution qu’on propose n’est pas facile à concevoir dans ce contexte de crise », explique Philippe Collin. « Il y a un cadre général qui incite à la frilosité », insiste-t-il. Et puis, « on frôle la présidence de la Haute-Garonne à quelques dizaines de voix, et on progresse en Ardéche ainsi qu’en Loire-Atlantique », rappelle le porte-parole du syndicat. Plus que les résultats de la Confédération paysanne, c’est le taux de participation qui interpelle Philippe Collin. « L’érosion de la participation doit interroger l’ensemble du monde agricole », soutient-il. « Est-ce dû au mode de scrutin ? À l’utilité des chambres d’agriculture ? À la vision que les agriculteurs en ont ? Ou est-ce la responsabilité des syndicats ? », interroge-t-il. « Tous les responsables des chambres et l’Etat devront se questionner sur cette chute de la participation », défend-il. Et de rappeler que ce « recul de la participation touche l’ensemble des syndicats ». Ce sera donc à l’ensemble des organisations professionnelles de dégager les raisons du désintérêt du monde agricole pour les élections aux chambres.

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Le Modef voit dans le scrutin une victoire dans les Landes
Dans un communiqué diffusé le 7 février, le Modef estime que le résultat, dans le département des Landes, constitue une victoire pour le syndicat. Selon ce communiqué, le Modef des Landes obtient 33,62 % des suffrages et enregistre ainsi, une progression de 1,56 point par rapport aux précédentes élections de 2007. « C’est une victoire pour notre syndicat dont les scores s’effritaient depuis une quarantaine d’années. Ces résultats confortent le syndicat », poursuit-il, « dans son choix de défendre résolument les petites et les moyennes exploitations qui restent nombreuses ainsi que dans son orientation pour des exploitations plus autonomes, plus diversifiées. » Grâce à cette progression, le Modef regagne un 4e siège au collège exploitants à la chambre départementale et il dispose désormais d’un élu à la chambre d’agriculture d’Aquitaine. Dans un nouveau communiqué du 7 février, le Modef souligne « la baisse importante de la participation (qui) laisse apparaître la désespérance de la moitié du monde paysan ». « L’agriculture d’entreprise et l’agriculture industrielle se dessinent sur les cadavres des exploitations familiales et des missions collectives de l’agriculture », dénonce par ailleurs le Modef. L’organisation professionnelle regrette de surcroit de ne pas avoir « su convaincre ceux qui ont depuis des décennies été élevés au biberon de la réussite individuelle quelles qu’en soient les conséquences ».

(MG) (HP)