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Les JA demandent l’adoption du régime spécial pour les jeunes agriculteurs
Dans un communiqué diffusé le 21 mars, les Jeunes agriculteurs ont regretté que les ministres de l’Agriculture des 27 n’aient pas, dans leur accord sur la Pac, repris le principe de la majoration « jeune » des paiements directs et la mise en place des mesures « installation » dans le second pilier. Ces dispositifs avaient été adoptés par la Commission européenne et par le Parlement de Strasbourg. Les Jeunes agriculteurs appellent en ce sens Stéphane Le Foll à prendre la mesure du caractère historique d’une telle proposition en poussant le Conseil à s’associer à la position du Parlement et de la Commission. Par ailleurs, les JA se félicitent de l’accent mis sur la nécessité du recouplage notamment dans l’élevage. L’action du ministre français sur ce dossier a porté ses fruits.
Les betteraviers « consternés » par le « manque total de réalisme économique »
Prenant connaissance de l’accord sur la Pac obtenu en conseil des ministres de l’UE, Éric Lainé, président de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves), s’est dit « consterné » par le mandat de négociation du conseil concernant le secteur betterave-Sucre. Selon un communiqué du 20 mars, « la CGB ne comprend pas le manque total de réalisme économique des ministres de l’Agriculture » qui a conduit à limiter la reconduction du règlement sucre à septembre 2017. Éric Lainé explique qu’il n’a « eu de cesse d’insister sur la nécessité de réfléchir l’avenir du Règlement Sucre sous un angle économique et en fonction de notre compétitivité vis-à-vis du reste du monde sucrier ». « Au lieu de cela, affirme le président de la CGB, le Conseil s’est laissé enfermé dans une discussion sur de nouveaux privilèges totalement injustifiés à accorder aux raffineurs de sucre de canne et sur une réallocation de quotas portée par 4 à 5 pays ayant abandonné la production betteravière en 2008. » Et d’insister auprès du ministre de l’Agriculture pour qu’il « continue à faire de cette reconduction pour 5 ans du règlement sucre une priorité. »
« Le temps presse » selon Coop de France
Réagissant le 20 mars au compromis ministériel sur la Pac, Coop de France demande que « ces discussions aboutissent au mois de juin pour qu’agriculteurs et entreprises coopératives bénéficient enfin d’un cadre pluriannuel qui éclaire leurs capacités d’actions. » Pour les coopératives agricoles, l’accent doit maintenant être porté sur les mécanismes de régulation des marchés. « Ainsi en est-il du maintien des quotas sucre jusqu’en 2020 ou des droits de plantation dans la viticulture, de l’équilibre des marchés laitiers, du renforcement des OP et des coopératives dans le secteur des fruits et légumes. » Pour les coop, « le soutien au verdissement est lié au maintien et au développement de notre potentiel de production afin de répondre aux enjeux alimentaires et énergétiques mondiaux. »
Le couplage est encore insuffisant pour les producteurs de lait
« 10 % ça n’était pas suffisant ! 12 % non plus ! », a réagi le 21 mars Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), à l’accord politique des 27 sur la réforme de la Pac. Cet accord apporte à la France la possibilité d’accorder un soutien couplé dans la limite de 12 % de son enveloppe nationale. Thierry Roquefeuil est également revenu sur la convergence interne des aides à l’horizon 2 019. La « surdotation sur les 50 premiers hectares (…) n’apporte qu’une petite partie de la réponse », regrette-t-il. « Pour que les producteurs laitiers soient maintenus dans nos territoires, et bénéficie d’une juste répartition des soutiens, une aide couplée à la vache laitière est la seule vraie réponse », assure Thierry Roquefeuil. Telle que prévue dans le projet de réforme de la Pac, la convergence des aides ferait « perdre 100 euros à l’hectare, voire beaucoup plus » à « un tiers des éleveurs », chiffre-t-il.
La Confédération paysanne se dit « consternée »
« La Confédération paysanne est consternée par les décisions du Conseil européen qui affaiblissent les quelques mesures déjà peu ambitieuses tendant à rétablir plus de justice pour tous les paysans », selon un communiqué du 21 mars. « Le plafonnement obligatoire des aides est abandonné (et) la dégressivité des aides à partir de 150 000 euros, l’aide aux jeunes agriculteurs et la maigre aide aux petites fermes sont rendues facultatives pour les États membres », regrette l’organisation syndicale tout comme le rythme de convergence des aides, défini selon chaque État. En résumé, « quasiment toutes les mesures en faveur de l’emploi paysan et permettant la redistribution des aides ont été sabrées ou minorées par les ministres! », s’indigne la Confédération paysanne. Par ailleurs, « les mesures de verdissement (…) sont progressivement vidées de leur contenu avec toujours plus de flexibilité et d’exemptions ». Seule « la possibilité, pour la France, de coupler 12 % des aides aux productions fragilisées est (une) avancée », reconnaît le syndicat.
Pour la CR, la Pac s’éloigne de son but initial
L’accord politique trouvé par les 27 États membres sur la réforme de la Pac l’« éloigne de son but initial : l’autosuffisance alimentaire et un revenu décent pour les agriculteurs », assène Bernard Lannes, président de la Coordination rurale. « De réforme en réforme on voit le revenu fondre ». Selon lui, la possibilité de coupler 12 % des aides à la production participera également à la détérioration du revenu des agriculteurs. « Quand il y a du couplage, les gens sont obligés de produire, et ne peuvent plus se tourner vers des productions plus rémunératrices », s’inquiète-t-il. Le président de la CR salue tout de même l’assouplissement des mesures de verdissement. « C’est un signe positif, on revient vers une écologie raisonnable ».
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