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La FNSEA « sera un interlocuteur responsable et loyal. »
« Nous sommes plutôt satisfaits de cette décision », explique Xavier Beulin, président de la FNSEA. D’une part, le ministère est un vrai ministère de plein exercice et reprend dans son intitulé l’agriculture et l’agroalimentaire. Un intitulé qui affirme, selon le président de la FNSEA, une confiance dans les filières agricoles et l’interdépendance entre l’amont et l’aval. D’autre part, explique Xavier Beulin, « Stéphane Le Foll connaît ses dossiers et maîtrise ses sujets. La FNSEA sera un interlocuteur responsable et loyal. »
Jeunes agriculteurs : « Un besoin d’envergure et de moyens »
Le syndicat JA « se félicite du maintien d’un grand ministère de l’agriculture et de l’agroalimentaire, ministère qui sera dirigé par Stéphane Le Foll, fin connaisseur des dossiers agricoles et européens ». En effet, selon les JA, « dans un contexte de crise, la France va devoir négocier la réforme de la PAC, rester crédible et peser de tout son poids pour garder un secteur agricole stratégique ». Le syndicat estime que « nous avons plus que jamais besoin d’envergure et de moyens pour dynamiser ce secteur clé de notre économie et de nos territoires ! »
APCA : veiller à la bonne articulation de sa politique avec celle de ses homologues
Le nouveau ministre de l’Agriculture devra veiller à la bonne articulation de sa politique avec celles de ses homologues en charge des questions énergétiques, environnementales et d’aménagement du territoire, prévient l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture). Celle-ci accueille la nomination de Stéphane Le Foll avec « la plus grande considération. » Et de constater que « le nouveau ministre est un vrai connaisseur des questions européennes et un défenseur résolu de la PAC et de son budget. Les Chambres d’agriculture ont travaillé avec lui, en particulier au Parlement européen où il a soutenu l’innovation et le conseil en agriculture. »
Coop de France : « Reconstruire les relations entre l’amont et l’aval »
« Il va falloir reconstruire les relations entre l’amont et l’aval », a déclaré Philippe Mangin, président de Coop de France, satisfait du champ de compétences du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire au sein du nouveau gouvernement Ayrault. Autre satisfaction pour la coopération, la nomination à la tête du ministère de Stéphane Le Foll, à qui Philippe Mangin reconnaît les dimensions européennes et agricoles nécessaires à cette fonction. « Nous souhaitons rencontrer rapidement une dizaine de ministres », a indiqué Philippe Mangin, et en premier lieu les représentants de Bercy « qui vont compter pour nous car nous recherchons un soutien à l’investissement productif dans les coopératives ». Enfin, cherchant à développer l’agriculture française à l’international, Philippe Mangin a indiqué être convaincu « que les secteurs agricoles et agroalimentaires pourraient participer d’avantage à la croissance économique du pays si on leur en donnait les moyens et qu’on les incitait à le faire ».
La Coordination rurale salue la nomination d’un ministre qui « connaît les dossiers agricoles »
À la Coordination rurale, « nous sommes contents, car Stéphane Le Foll connaît les dossiers, il pourra donc s’y attaquer plus rapidement », a immédiatement réagi Bernard Lannes, président du syndicat, après la nomination de Stéphane Le Foll en tant que ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. Bernard Lannes juge également que sa connaissance de l’administration européenne, de par son poste de député européen, lui permettra de mieux « défendre l’agriculture française à Bruxelles ». Seulement, si l’homme est accueilli favorablement, l’incorporation de l’Agroalimentaire dans le portefeuille ministériel suscite plus de mécontentement de la part de la Coordination rurale. « Cette dénomination correspond exactement à ce qui avait été demandé par Xavier Beulin », regrette Bernard Lannes.
La Confédération paysanne regrette la notion d’agroalimentaire dans le ministère de l’agriculture
« L’homme a des compétences, mais la dénomination du ministère a de quoi poser des questions », tempère Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne. « L’agroalimentaire est la seule donnée prise en compte, comme si la vente directe n’existait pas », analyse-t-il. Le porte-parole de la Confédération paysanne regrette de surcroit que la demande de Xavier Beulin, président de la FNSEA, d’incorporer l’Agroalimentaire dans le ministère de l’Agriculture ait été exécutée à la lettre. « C’est un signe qui n’est pas très encourageant », confie-t-il. Philippe Collin aurait par ailleurs aimé voir conserver le caractère alimentaire, qui ne figure plus en tant que tel dans le portefeuille ministériel. « La donnée de l’alimentation est une donnée importante qui n’y est plus, c’est une lacune. Tout est désormais concentré sur l’aspect économique », dénonce-t-il. Mais Philippe Collin précise tout de même qu’il n’a « pas de raison d’être suspicieux » et espère discuter très prochainement avec Stéphane Le Foll, avec qui il a toujours « entretenu de bonnes relations », afin de lui soumettre la vision de « l’agriculture paysanne de la Confédération paysanne ».
Producteurs de blé : « Bien se comprendre »
« L’importance de nos grandes cultures et de leurs filières industrielles pour l’avenir de l’économie française, pour la vie des territoires, nous appelle – pouvoirs publics et organisations professionnelles – à bien nous comprendre et à trouver les meilleures synergies », explique l’association des producteurs de blé dans un communiqué. Celle-ci insiste : « Nous sommes candidats à plus de croissance en produisant plus et mieux. Les orientations de politique agricole et environnementale pour ce faire sont à définir, sur la base d’une concertation sans a priori, où bon sens, confiance et pragmatisme devront prendre toute leur valeur. »
Producteurs de lait : pour une Pac anti-crise
Les producteurs de lait réunis au sein de la FNPL, « félicitent le nouveau ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire ». Selon la FNPL, Stéphane Le Foll « sait ce que le monde paysan apporte à notre pays au niveau de l’aménagement du territoire et de sa performance économique. » La FNPL, qui rappelle que l’activité laitière « est fortement attractive pour l’installation des jeunes agriculteurs », défend une Pac « anti crise » pour répondre « à la situation économique des exploitations agricoles soumises aux aléas de la volatilité des cours et du prix du lait ». Elle souhaite la mise en place dans le cadre de l’OCM unique (organisation commune de marché), d’un système d’aides, au niveau européen, pour les éleveurs qui jouent le jeu d’une limitation de production en période de crise.
Jérôme Despey espère un revirement sur les droits de plantation
Jérôme Despey, chargé des questions viticoles à la FNSEA et secrétaire général de la centrale syndicale, a salué le « connaisseur du monde agricole », « que l’on a vu à l’œuvre dans les instances communautaires ». Cet atout de la maîtrise des dossiers communautaires sera bien utile dans le traitement du dossier des droits de plantations viticoles, car pour espérer revenir sur la libéralisation décidée en 2008, il faut encore convaincre plusieurs États membres. « C’est une bonne chose d’avoir un ministre à part entière de l’Agriculture, qui porte vis-à-vis de ses homologues à Bruxelles la position française », a-t-il commenté.
Pour la FNCUMA, le travail a déjà commencé avec Stéphane Le Foll
Stéphane Gérard, président de la FNCUMA (fédération nationale des coopératives d’utilisation de matériel agricole), a déclaré qu’au lendemain du 15 mai, il faudra convaincre la nouvelle équipe gouvernementale désignée par François Hollande d’accompagner les démarches collectives. À l’échelle européenne, il s’agit de porter l’intérêt des actions collectives et à l’échelle nationale de soutenir la déclinaison régionale des futures décisions européennes. « Nous avons déjà eu des contacts avec Stéphane Le Foll pour travailler sur cette question », poursuit-t-il. Il explique ainsi qu’un travail en amont a déjà commencé et qu’il devra se poursuivre.
Jean-Michel Lemétayer : « Stéphane Le Foll a une très bonne connaissance de l’agriculture »
Lors d’une conférence de presse qui se tenait à Paris le 16 mai, Jean-Michel Lemétayer, président du Space (salon international de l’élevage), a déclaré que Stéphane Le Foll a une très bonne connaissance de l’agriculture, tant à l’échelle européenne que nationale. Il a ajouté que le futur ministère de l’agriculture devait être « un grand ministère » qui, au-delà, de l’agriculture devra traiter des questions alimentaires et d’aménagement du territoire par exemple. En revanche, le ministère de l’environnement doit, selon lui, rester distinct, car c’est un domaine transversal qui peut toucher de nombreux autres secteurs.
Le Modef appelle à marquer une « rupture »
Dans un communiqué de presse, le Modef (Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux) incite Stéphane Le Foll à rétablir « la justice sociale » dans l’agriculture en marquant une « rupture » avec le précédent gouvernement. Ce changement devra passer par « une revalorisation des retraites agricoles à 85 % du SMIC, une redistribution des aides vers les exploitants familiaux, une juste redistribution de la valeur ajoutée en encadrant les marges de la grande distribution, et en garantissant des prix agricoles rémunérateurs », énumère le communiqué. Le syndicat minoritaire demande également au « nouveau ministre de réviser les règles de la représentativité et d’ouvrir les instances de concertation et de négociations à tous les syndicats, dont le Modef ».
FNE : « Sortir du cadre strictement agricole »
Pour la fédération France Nature environnement, Stéphane Le Foll n’est pas inconnu : il est notamment intervenu lors de leur congrès à Marseille en mars 2011. Pour l’instant, ces environnementalistes se demandent où est passé l’alimentation, qui semble ne plus faire partie du libellé du ministère dévolu à Stéphane Le Foll. « Et nous avons une attente, précise Jean-Claude Bévillard, secrétaire national de FNE en charge des questions agricoles. Nous espérons du ministère qu’il sorte du cadre strictement agricolo-agricole pour inclure des représentants des consommateurs et des associations. Car jusqu’à présent, nous disposions plutôt d’un strapontin, rue de Varenne, alors que les questions agricoles et environnementales sont très liées ». FNE appelle plus généralement à un large débat sociétal sur l’agriculture, et cite, comme premier rendez-vous de Stéphane Le Foll, la réforme de la Pac.
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