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«Sérieusement préoccupé » par la baisse de 25 milliards d’euros proposée par le président du Conseil européen, Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, estime que « les plus frappés seront les agriculteurs qui reçoivent déjà le moins de soutien ».
Dans un communiqué, la Commission déplore les « coupes significatives » opérées sur sa proposition et rappelle que, « si certains États la critiquent, une majorité la soutient ».
En France, le ministre français délégué aux affaires européennes, Bernard Cazeneuve, a immédiatement réagi, avertissant que « nous n’acceptons pas les propositions qui nous sont faites de diminution à hauteur de 25 milliards d’euros de la Pac », tandis que son collègue chargé de l’agriculture faisait état de son « désaccord profond » avec ce projet. « Il y a encore beaucoup de travail à faire (...) S’il n’y a pas un accord les 22 et 23 (novembre à Bruxelles), il faudra poursuivre la discussion », a déclaré pour sa part le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. « Ce projet ne constitue en aucun cas une base de négociation acceptable par la France sur les plafonds de dépenses proposés pour la politique agricole commune dans ses différentes dimensions », a-t-il ajouté dans un communiqué. Côté syndical, le président de la FNSEA Xavier Beulin a écrit une lettre à François Hollande, l’alertant sur les conséquences de la baisse du budget de la Pac sur le revenu des agriculteurs « qui est en moyenne inférieur au reste de la société » alors qu’il s’agit d’entrepreneurs « qui ont besoin de confiance dans l’avenir pour investir, innover. »
En Belgique, le ministre wallon de l’agriculture, Carlo Di Antonio, a demandé au premier ministre, Elio Di Rupo, de « refuser la réduction supplémentaire » de 25 milliards d’euros du budget de la Pac préconisée par son compatriote Herman Van Rompuy.
À l’inverse, la ministre suédoise déléguée aux affaires européennes, Birgitta Ohlsson, a jugé que « ce n’est pas assez » et réclamé davantage de coupes dans les dépenses agricoles.
« Nous continuerons d’œuvrer en faveur d’un rapprochement des différentes positions », a déclaré de son côté le numéro deux du gouvernement britannique, Nick Clegg, lors d’une conférence de presse conjointe avec le premier ministre français, le 14 novembre à Paris, « mais il est très difficile d’imaginer le Parlement britannique ratifier un accord qui comprend des augmentations budgétaires bien supérieures au taux de l’inflation ».
À Vienne, le chancelier autrichien, Werner Faymann, a souhaité que le rabais dont bénéficie son pays sur sa contribution au budget européen soit maintenu et que le soutien au développement rural ne soit pas réduit.
Le 13 novembre, les dirigeants de 16 États membres défenseurs de la politique de cohésion sont venus à Bruxelles souligner l’importance du soutien de l’UE aux régions les moins bien loties.
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