Les discussions autour du bilan de santé de la Politique agricole commune vont avoir un effet qui a sans doute été sous-estimé par les Français : le déclenchement d’une attaque violente contre la Pac de la part des Britanniques. Cette offensive a déjà commencé, tant dans une partie de la presse anglaise que dans les propos du chancelier de l’Échiquier, Alistair Darling. On se souvient encore des déclarations incisives de Tony Blair, affirmant qu’il fallait mieux dépenser l’argent de la politique agricole dans d’autres domaines comme la recherche.
Aujourd’hui, les pourfendeurs de la Pac ont un nouvel argument qui est la hausse des prix alimentaires. L’argument est simpliste mais peut faire mouche : pas besoin d’injecter de l’argent dans un secteur qui profite de tels prix. Le contre-argument s’impose d’emblée : si les prix sont élevés c’est qu’on manque d’offre et qu’il faut donc l’encourager. C’est donc un grand débat de fond qui s’annonce, débat qui mérite d’être tenu et qui devrait être le prélude aux grandes manœuvres pour l’après 2013 en agriculture.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Entre les deux thèses, ce sont peut-être les Américains qui apportent la solution. Eux, ne se posent pas de question métaphysique. Les représentants et sénateurs US viennent de voter un Farm Bill qui assure un revenu confortable à leurs paysans quels que soient les prix de marché. Les États Unis savent que la matière première agricole sera plus que jamais stratégique et veulent donc conserver, voire amplifier leur capacité de production pour peser sur la planète. Voilà ce qu’il faut expliquer aux Britanniques. S’ils ne sont pas sensibles aux arguments français, ils le seront peut-être à la realpolitik américaine.