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Rebondissements dans l’affaire des « salmonelles » de Lactalis

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Dans un article du 3 janvier, le Canard enchaîné a semé le doute quant à une éventuelle responsabilité de l’État dans la contamination d’aliments infantiles du groupe Lactalis par des salmonelles. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris fin décembre, suite à un dépôt de plainte.

La Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) avait effectué, en septembre, un contrôle sanitaire dans l’usine de Craon de Lactalis, dont sont issus les laits infantiles contaminés par des salmonelles. Mais, selon le Canard enchaîné du 3 janvier, les inspecteurs vétérinaires n’avaient rien détecté à ce moment-là, tandis qu’en août, Lactalis Nutrition Santé aurait, lui, repéré des salmonelles sur du matériel de nettoyage et du carrelage. « Comment les contrôleurs s’y sont-ils pris pour ne détecter en septembre aucune salmonelle alors que l’on sait aujourd’hui, après enquête, que l’usine était infectée depuis février ? », s’interroge un expert en sécurité sanitaire des aliments dont les propos sont rapportés par l’hebdomadaire. Cela s’explique, selon le ministère de l’Agriculture, par le fait que l’inspection « portait sur un seul domaine d’activité de l’usine » : « un nouvel atelier de mélange à sec de céréales » et pas sur les activités de poudre de lait.

Des salmonelles détectées sur du matériel de nettoyage

Toujours selon le ministère, Lactalis n’avait pas à faire part de la présence de salmonelles à l’État puisque ces dernières auraient été détectées précédemment sur le carrelage et du matériel de nettoyage et non « sur des produits mis sur le marché ». D’après l’arrêté du préfet de la Mayenne du 9 décembre, publié le 29 décembre, des salmonelles ont été détectées sur du matériel de nettoyage (pelle, balai, raclette…) et sur « les roues du fenwick/aspirateur en rez-de-chaussée, zone sèche de la tour n° 1 » à la suite de prélèvements effectués le 4 décembre. De plus, depuis cette date, « l’entreprise a procédé à des auto-contrôles renforcés sur différents lots de produits prélevés dans les tours de séchage 1 et 2 et en conditionnement […] et fait état par courriel en date du 8 décembre 2017, 11 h 25, de la suspicion de présence de salmonelle sur 5 lots ».

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Enquête ouverte par le parquet de Paris

Le Canard enchaîné rapportait également que l’usine de Craon continuait à produire des céréales, ce qu’a démenti à l’AFP le porte-parole du groupe Lactalis : « Tout ce qui est fabriqué dans l’usine de Craon a été arrêté depuis le 8 décembre ». Dans tous les cas, une enquête a été ouverte le 22 décembre par le parquet de Paris pour « blessures involontaires », « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine » et « inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit » préjudiciable à la santé. L’UFC-que choisir et une association de parents ont porté plainte contre le groupe. L’enquête a été confiée aux gendarmes de la section de recherches d’Angers et de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp).