Il y a des mots et des concepts qui, dans la vie publique, apparaissent soudain, font fureur et semblent pouvoir s'appliquer à tout. Voyez les « recalculés ». Il y a les recalculés chanceux, ce sont les allocataires des prestations de l'Unedic, qui ont failli les perdre et les ont récupérées à la faveur d’une décision du tribunal de Marseille. Il y a des recalculés malheureux de ne pas l'être, ce sont les céréaliers, en panne d'indemnité sécheresse et qui ne profiteront apparemment pas d'une nouvelle définition du prix de leurs céréales.

Voyez un autre «recalculé», le ministre de l'Agriculture, qui va voir son budget bel et bien recalculé de plus de 200 millions d'euros. Ce qui, en définitive risque de pénaliser ses administrés, les agriculteurs, et ses employés, les agents de l'État, plus que le ministre lui-même. Au passage, les offices agricoles, dont les budgets sont eux aussi mis à mal, devraient eux entrer dans le lot des recalculés.

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Il y a, surtout, les agriculteurs eux-mêmes qui risquent de devenir des recalculés s'ils n'y prennent garde. Avec la mise en place de la conditionnalité des aides voulue par la réforme de la Pac, bon nombre de primes Pac pourraient être à leur tour recalculées. Cet aspect de la réforme n'avait peut-être pas été pris en considération, à l’époque, autant qu'elle le méritait. En tout cas, la conditionnalité des aides réclame toute la vigilance des paysans (et sans doute des efforts importants d’explication de la part du syndicalisme agricole) et le respect des règles mises en place. Faute de quoi, la catégorie des paysans recalculés pourrait recevoir de sérieux renforts bien malgré eux.