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Recherche : Amaizing donne les clés pour concevoir le maïs du futur

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« Développer des connaissances et outils pour faciliter la sélection de variétés de maïs adaptées au changement global. » Tel est l’objectif atteint par Amaizing, un projet de 27,5 M€ issu du Plan d’investissements d’avenir.

Amaizing permet de comprendre le progrès génétique passé et donne les clés pour façonner celui du futur. Coordonné par l’Inrae, ce programme de recherche publique et privée arrive à son terme au bout de dix ans, avec une conférence de clôture qui s’est déroulée à Paris du 20 au 22 septembre. Soixante ans de sélection du maïs ont été passés en revue. L’analyse rétrospective montre des gains de rendement, entre 1 et 2 % par an, suivis d’une décélération récente. Quels caractères ont permis ce progrès ? François Tardieu (Inrae) a livré les conclusions d’Amaizing. Ses travaux révèlent un allongement de dix jours de la période entre levée et floraison, favorable au développement des organes reproducteurs. À cela s’ajoutent une croissance des soies accélérée, avec plus de grains au final, un développement du feuillage en partie basse de la plante, profitable en termes d’exposition au rayonnement. En revanche, aucun progrès n’est mis en évidence sur les caractères dont l’effet sur le rendement dépend des conditions, à l’instar du contrôle de la croissance ou de la transpiration.

Des réponses au « défi climatique »

L’enjeu est là pour Amaizing : trouver des réponses au « défi climatique », comme l’a rappelé le président de l’AGPM (producteurs de maïs) Daniel Peyraube, le 22 septembre à la conférence. Il s’agit d’obtenir des variétés résistantes au stress hydrique, de maintenir des rendements élevés sans nuire à d’autres critères comme la teneur en protéines, d’avoir des maïs performants en termes de vigueur, selon lui. Amaizing a pour cela développé de nouvelles approches de sélection du maïs en exploitant la diversité naturelle. Le projet permet de mieux comprendre les bases moléculaires des caractères liés au rendement, comme la tolérance à la sécheresse, grâce à l’identification des régions de chromosome où se situent les gènes responsables de ces caractères. Il aboutit au développement d’un ensemble de marqueurs moléculaires à partir du reséquençage de lignées. Et se traduit par des avancées dans les méthodes statistiques de prédiction de la valeur agronomique en milieux variés.

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Amaizing contribue aussi à améliorer les méthodes d’inscription et d’évaluation post-inscription des variétés, afin de donner des recommandations pour le choix des variétés aux coopératives, aux organisations agricoles et aux agriculteurs. « L’obtention d’une génétique innovante doit être couplée à l’adaptation de la variété au milieu », a souligné Jean-Pierre Cohan (Arvalis). Amaizing démontre, à ses yeux, l’importance de l’« envirotypage », basé sur la caractérisation de l’environnement dans lequel la plante est cultivée.

De nouvelles approches de sélection du maïs