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RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) Reconstruire la valeur minée par le dumping social et écologique

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La « responsabilité sociétale des entreprises » (RSE), déclinaison des principes du développement durable à l’échelle de l’entreprise, est un outil qui peut reconstruire la valeur minée par le dumping social et écologique dans les filières agroalimentaires, ont indiqué plusieurs intervenants à un colloque organisé par Coop de France et l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) le 29 janvier.

La RSE, approche permettant à une entreprise de favoriser son développement économique, social et environnemental, est l’occasion de revaloriser les métiers des filières agroalimentaires, du producteur au distributeur, après trente ans de dévalorisation par le dumping social et écologique, a souligné Christian Pèes, membre du Bureau de Coop de France et président de la Confédération générale des coopératives agricoles de l’UE (Cogeca). « Il faut être conscient que les gains de productivité accumulés pendant trente ans ont été transférés aux maillons de l’aval (les consommateurs, via les distributeurs) », a-t-il déclaré lors du colloque Coop de France-Ania qui s’est tenu dans l’hémicycle du Conseil économique social et environnemental (CESE). Ce transfert de valeur ajoutée s’est fait au prix de nuisances sociales et environnementales. C’est sur cet état de fait qu’il faut revenir, en corrigeant le tir.

Le respect des producteurs, des salariés, des ressources naturelles…

Le président de la Cogeca a précisé que le cœur de l’activité est l’emploi local, et que même si une coopérative a une activité de production de foie gras en Ukraine avec des coûts inférieurs, « cela ne doit jamais se faire au détriment de son territoire ».
Il faut désormais « passer d’une approche de prix bas et d’importations à bas coûts à une approche plus mature, où l’on fixe des objectifs sociétaux » aux filières, a complété Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA.
Pour reconstruire de la valeur, Coop de France a réalisé en août dernier un guide de déclinaison agroalimentaire de la norme Iso 26 000, norme internationale qui définit les lignes directrices de la responsabilité sociétale. « L’objectif de ce guide est de répondre aux besoins spécifiques de l’agroalimentaire en matière de responsabilité sociétale », a résumé Olivier de Carné, directeur de la « chaîne alimentaire durable » chez Coop de France. Ce guide reprend donc les principes de la norme Iso 26 000 sur l’emploi de personnel peu qualifié, le travail des enfants, les activités à fort impact sur les ressources naturelles, le respect des temps de repos, la gestion des déchets, le développement d’énergies renouvelables, la lutte contre le gaspillage, la rétribution de chaque maillon de la chaîne à sa juste valeur en évitant les situations d’abus de position dominante sur un marché, etc.

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