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Bois-énergie Reconversion d’une usine de déshydratation

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Une usine de déshydratation de pulpes de betteraves et de luzerne, située en Beauce, entre les forêts de Fontainebleau et d’Orléans, commence sa reconversion au bois-énergie.

La Sidesup, Sica de déshydratation de pulpes de betteraves et de luzerne, située à Engeville (Loiret), vient de remplacer le gaz naturel par le bois, comme source de calories pour un de ses deux séchoirs. La substitution du gaz par le bois a été opérée en avril-mai, au moment des premières coupes de luzerne.

Entre le gaz onéreux et le charbon polluant

La reconversion au bois-énergie s’est imposée d’abord pour des raisons économiques. La facture énergétique de la Sica est en augmentation constante depuis 2000, a indiqué Jean-Marie Bélières, directeur de la Sidesup. De 1990 à 1999 elle oscillait entre 15 et 20 euros par tonne de granulés de luzerne ou de pulpe de betteraves produite. En 2000, elle est passée à 25-30 euros. En 2005, elle a atteint 35-45 euros. Or, le prix des granulés est stable, voire en baisse.

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La reconversion s’est imposée aussi en prévision d’une taxation du CO2 émis ou d’une possibilité de valoriser les crédits de CO2 sur les marchés de la « finance carbone », a précisé le directeur de la Sidesup. L’entreprise pouvait opter pour le charbon importé d’Afrique du Sud, compétitif, mais très émetteur de CO2. L’entreprise a préféré anticiper une réglementation du CO2, qui chaque jour se précise un peu plus. Le bois, en provenance des forêts de Fontainebleau et surtout d’Orléans, ne se fait pas en soustraction des ressources de bois pour la construction, a assuré Christian Jamet, président de la Sica. « Nous nous approvisionnons en plaquettes forestières (bois déchiqueté, en provenance de ce qui reste dans les sous-bois après les coupes) et des connexes de scieries (sciure et chutes) ». En outre, cet appel à la ressource forestière ne vient pas dilapider le patrimoine forestier, a-t-il dit en substance : « Nous avons contracté avec ONF-Énergie, qui est, pensons-nous, une garantie de gestion de long terme ».

Parallèlement au bois-énergie, l’usine de déshydratation teste la culture du miscanthus sur une quinzaine d’hectares, en collaboration avec la chambre d’agriculture du Loiret.