Près d'un demi-million de citoyens européens ont répondu à la consultation publique de la Commission européenne pour demander le maintien en l'état de la législation européenne pour la protection de la nature (directives Habitats et Oiseaux). Les organisations agricoles européennes estiment au contraire que les règles sont trop rigides et nuisent au développement économique des zones rurales.
Les ONG Birdlife, les Amis de la Terre, WWF et le Bureau européen de l'environnement se félicitent de ce qu'un nombre record de citoyens européens, près d'un demi-million, aient répondu à la consultation publique de la Commission européenne sur la législation environnementale de l'UE dans le cadre du bilan de santé des directives Habitats et Oiseaux (1). Leur message : la règlementation de l'UE sur la protection de la nature ne doit pas être modifiée. Pour atteindre un tel nombre de personnes ayant répondu à la consultation, les ONG ont lancé une pétition (Nature alert !). Chaque signature entraînant une réponse type au questionnaire en ligne de Bruxelles. « Très peu d'intervenants ont remis en question les directives dans leur forme actuelle et ont demandé une révision de ces lois, il s'agit essentiellement : de certains acteurs du secteur de l'agriculture, des propriétaires de forêts privées et du lobby de la pêche industrielle », indiquent les ONG dans un communiqué du 24 juillet suite à la clôture de la consultation.
Rigidité
En effet, le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE), le CEPF (propriétaires forestiers), ELO (propriétaires terriens), et USSE (forestiers d'Europe du Sud), dans une lettre au commissaire européen à l'environnement Karmenu Vella, soulignent que « l'objectif devrait être de garantir que nos écosystèmes et nos espèces vulnérables sont protégés, tout en assurant la viabilité du secteur agricole. La protection de l'environnement ne doit pas devenir un obstacle au développement économique dans les zones rurales ». Ces organisations dénoncent la rigidité de la législation en place qui en devient contreproductive. Elles estiment que la consultation publique en cours « ne parvient pas à assurer une approche équilibrée entre la protection de l'environnement et les besoins sociétaux et économiques » du fait de la formulation des questions. Dans un autre courrier adressé au directeur général de l'environnement de la Commission de Bruxelles Karl Falkenberg, le Copa-Cogeca précise que quelque chose ne va pas dans la législation « si les opérateurs ont peur que certaines espèces s'installent sur leurs terres à cause des mesures de protection rigides associées à ces espèces ».
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Le Copa-Cogeca demande donc plus de souplesse dans l'application de la législation Natura 2000, ainsi que de meilleures incitations à s'engager dans des régimes volontaires. « Les agriculteurs ne peuvent pas assumer les coûts supplémentaires à eux seuls. Ceci est également vrai pour les dommages causés par des espèces protégées, comme les castors ou des oies, ainsi que le coût des attaques de loups sur le bétail ».
Les propositions de la Commission européenne en vue de réviser si nécessaire la législation environnementale de l'UE sont attendues pour 2016.
(1) Voir n° 3497 du 18/05/2015