Le marché de l’ultra-frais connaît un nouveau regain sur l’année 2011. Mais les chiffres sont à relativiser : le deuxième semestre a enregistré une croissance négative, et les ventes s’effondrent en ce début d’année 2012. Néanmoins, le développement de nouveaux modes d’achats et la crise financière pourraient paradoxalement profiter au secteur.
«En 2011, nous avons franchi pour la première fois la barre des 1 milliard d’euros de produits exportés », s’est félicité Pierre Girier, président de Syndifrais, lors de l’assemblée générale du 20 mars. Néanmoins, les chiffres ne sont pas tous aussi optimistes. « 2011 est plus favorable que 2008, mais attention, les ventes au second semestre se sont contractées de 1,5 % (en volume) », a tempéré Jean-Marc Delrieu, directeur général de Lactalis Nestlé ultra-frais marques. « L’année 2012 connaît un mauvais démarrage à -2,5, -3 % », a-t-il ajouté. Une baisse des ventes qui, selon lui, ne fait qu’aggraver la hausse des coûts de la matière première pour les industriels. « La hausse des prix payés aux producteurs a été financée directement par les industriels et la distribution n’a que peu répercuté la hausse », explique Pierre Girier. « On assiste à une compression des marges des acteurs de l’ultra-frais », détaille-t-il. Mais Jean-Marc Delrieu voit tout de même de belles perspectives dans l’évolution des modes d’achat des consommateurs. Le « drive » en grandes surfaces (achats par Internet récupérés au magasin) pourrait représenter 6 % de part de marché en 2015 (contre 2 % en décembre 2011). Cette évolution modifierait les processus d’achats, et donc les produits consommés par les clients de la grande distribution, explique Sandrine Cayeux, directrice d’unité chez Kantar Worldpanel France. En prenant en compte ces changements, Jean-Marc Delrieu anticipe « 200 millions d’euros de plus de chiffre d’affaires entre 2012 et 2015 », dans la filière. Le secteur pourrait également profiter de « l’effet rouge à lèvres », estime Lucien Fa, président de Yoplait : « En période de crise, la tendance est de faire des sacrifices sur les articles importants et qui coûtent cher. Par contre on compense sur les petits plaisirs ».