La décision est prise : ce sera donc par référendum, que les Français devraient se prononcer sur le projet de constitution de l’Union européenne. Jacques Chirac, qui n’y était, semble-t-il, pas vraiment favorable, a dû s’y résoudre, sans doute sous la pression de l’appareil politique mais aussi pour ne pas devoir paraître en retrait par rapport à bon nombre d’autres pays de l’UE.

Cette nouvelle échéance présente une chance et un risque pour le pays.

La chance, c’est de pouvoir enfin poser la question de la société dans laquelle on souhaite vivre. En effet, derrière l’enjeu de l’Europe et de la Constitution qui la régit c’est bien un choix de société qui est posé. Quels rôles respectifs faut-il attribuer à l’Etat français et aux institutions européennes ? Quelle importance donner à la règle de la majorité dans les choix de l’UE ? Quelles limites accorder à la dérégulation des marchés ? De ces modes de décision dépendront ensuite les places accordées à des réalités comme le développement durable, la recherche européenne, la politique industrielle, la maîtrise des budgets respectifs, etc. L’agriculture et la politique qui la conditionne sont concernés au premier chef : la réforme de la Pac de 2003 n’a rien figé dans le marbre.

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Le risque, c’est que, une fois encore, ce référendum ne serve qu’à des enjeux de politique intérieure avec la menace d’un refus provoqué, non par la question européenne, mais par le rejet d’une politique nationale.

Par son influence dans les territoires, par son rapport privilégié avec les hommes politiques, le monde paysan a son mot à dire pour que ce référendum soit véritablement une chance et non un risque. Encore faut-il que les agriculteurs, qui ont formidablement bénéficié de l’Europe, le clament haut et fort.