Abonné

Relations industrie-commerce Réforme de la loi Galland : l’imbroglio

- - 3 min

De retour d’un voyage aux Pays-Bas, le 4 novembre, le ministre délégué au Commerce, Christian Jacob, a pris ouvertement ses distances avec le ministre des Finances Nicolas Sarkozy, relançant les spéculations quant à l’avenir de la loi Galland et les incertitudes sur le devenir des projets préparés par les services du futur président de l’UMP.

Les projets de réformes se succèdent les uns après les autres. Les ministres aussi ! Avant son départ pour la présidence de l’UMP, fin novembre, Nicolas Sarkozy a promis une refonte de la loi Galland dont une quatrième mouture circule déjà. Mais « l’homme pressé » ne contrôle pas l’avenir de son texte qui risque de buter sur le « calme » et la « sérénité » du ministre délégué au Commerce, Christian Jacob, si comme le prédit le député UMP Patrick Ollier, il revient à celui-ci de défendre le projet de loi.

Refroidi par l’expérience de baisse des prix qui, en France, « n’a permis aucune reprise», le ministre délégué a pris ouvertement ses distances vis-à-vis de son ministre de tutelle, à son retour des Pays-Bas, le 4 novembre, où il a participé à une table ronde intitulée « Loi Galland, ne pas abolir ». Il a annoncé la mise en place « très rapidement, dans les deux ou trois semaines » d’un groupe de travail avec « tous les acteurs et les parlementaires ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

17 000 emplois supprimés

Ce groupe devra travailler « en mesurant à chaque fois les conséquences directes sur l’emploi», a-t-il prévenu. Et d’expliquer en référence aux pertes d’emplois liées à la baisse des prix de 3% aux Pays-Bas : « Imaginons ce que cela pourrait donner en France, sans compter les conséquences sur les fournisseurs ». A La Haye, Christian Jacob a eu notamment l’occasion d’entendre Harry Broueuwer, le président de Unilever Netherland qui a annoncé une évolution « négative » de son chiffre d’affaires en 2004. « Nos principaux produits sont vendus par les détaillants en dessous du prix auquel ils nous l’achètent : ils n’ont donc aucun intérêt à promouvoir ces produits puisqu’ils perdent de l’argent quand ils les vendent», déplore le dirigeant. La guerre des prix qui fait rage aux Pays-Bas, depuis maintenant un an aurait provoqué une chute de 3 % du chiffre d’affaires de la grande distribution, soit 750 millions de pertes et une perte de 10 % des effectifs totaux du secteur avec 17 000 licenciements équivalents à 10 000 temps pleins.

Prudence

Le changement de tête au ministère de l’Economie devrait donc ralentir le rythme de la réforme de la loi Galland même si son évolution n’est pas remise en cause. « Etre prudent ne signifie pas ne rien faire. Il faut que la législation du commerce s’adapte aux évolutions », indique Christian Jacob. Il est même prêt à avancer sur la question de l’urbanisme commercial, estimant qu’il faut « peut-être simplifier un peu le système d’autorisation des extensions ».