Le Parlement européen a eu ce qu’il demandait : l’ouverture officielle, avec « trilogues », de négociations sur les points qui avaient été laissés en suspens (ceux liés au cadre financier pluriannuel) au moment de l’accord du 26 juin sur la réforme de la Pac. Le Conseil des Vingt-huit a tout fait pour empêcher la reprise de ces pourparlers, estimant que les députés devaient accepter en l’état ce qui figurait dans le compromis trouvé entre les États membres. Et maintenant que les discussions reprennent, les ministres de l’agriculture veulent à tout prix qu’elles restent techniques. Il n’y aura donc pas de débat formel entre eux mais un déjeuner de travail – à l’abri des caméras – durant lequel ils évalueront la possibilité de donner des marges de manœuvre à la présidence lituanienne de l’Union pour trouver une porte de sortie avec le Parlement. C’est pourtant l’un des points les plus sensibles de cette réforme de la Pac qui va devoir être rediscuté : la dégressivité des aides (puisque l’idée d’un plafonnement a été abandonnée). Et pour la ministre allemande, fervente opposante à cette mesure, qui est en pleine élection dans son pays pour prendre la tête de la Bavière, c’est une question profondément politique. Pour les eurodéputés, il s’agit avant tout d’une question de principe : « Tout doit être discuté », a insisté le président de la commission parlementaire de l’agriculture Paolo De Castro. Mais il y a fort à parier que les parlementaires vont exiger que le Conseil fasse quelques concessions. Ce qui n’est pas pour déplaire à la Commission européenne qui a toujours plaidé pour une dégressivité ambitieuse des aides.
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