Une vingtaine de députés, de sénateurs et d’eurodéputés français ont adopté le 30 octobre une position commune sur la réforme de la Pac lors d’une « conférence de consensus », organisée pour la première fois par les commissions des Affaires européennes de l’Assemblée et du Sénat. Cette réunion visait à faire la synthèse des cinq résolutions déjà votées par les deux chambres. Les élus présents appellent notamment à ne pas opposer le budget de la Pac à celui des nouvelles priorités européennes et à trouver d’autres ressources financières pour l’UE. Leur texte insiste sur la nécessité de « préserver une Pac véritablement commune », de « garantir une Pac plus efficace et protectrice des agriculteurs » et de « promouvoir une agriculture durable ».
Bien qu’aboutissant à un document informel, sans poids juridique, cette initiative inédite amorce une nouvelle méthode de travail entre parlementaires. Durant les débats, les élus ont notamment souligné la nécessité pour le gouvernement et les parlementaires français de parler d’une seule voix. « Il faut que nous apprenions à travailler ensemble de manière transpartisane, sur des sujets comme la Pac, les Allemands le font », a lancé Sabine Thillaye, présidente (LREM) de la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale. « Il est extrêmement important d’avoir une parole commune si on veut créer un rapport de force », ajoute André Chassaigne, député (PCF) du Puy-de-Dôme.
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Cette démarche originale a principalement rassemblé des élus de la majorité, mais aussi de gauche (PCF) et de droite (LR). Elle est née d’un « constat d’échec », explique Jean Bizet, le président de la commission des Affaires européennes du Sénat : celui d’une « totale divergence avec l’Allemagne » et d’un « véritable dialogue de sourds avec la Commission européenne ». Même si, pour le sénateur Philippe Bonnecarrère (Union centriste), « notre véritable cible n’est pas Bruxelles, mais aussi les parlements nationaux ».
« Totale divergence avec l’Allemagne »