Le premier tour de table des ministres de l’agriculture de l’UE sur les orientations de la Commission européenne pour la Pac après 2013 ne laisse pas préjuger des négociations excessivement polémiques sur le fond. Il est vrai que chacun peut plus ou moins y trouver ce qu’il recherche. A ce stade du moins. En théorie, ces pourparlers devraient donc pouvoir être bouclés fin 2012 pour respecter l’échéance, c’est-à-dire avoir le temps de mettre en place la nouvelle réglementation. Mais deux épées de Damoclès menacent ce calendrier optimiste. Il faudra tout d’abord que les chefs d’Etat et de gouvernement parviennent dans les temps à un accord sur le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union. Un travail titanesque, d’autant que la posture déjà affichée par David Cameron pour le budget communautaire 2011 rappelle presque l’époque de la Dame de fer. Sur ce plan, Angela Merkel risque aussi de se montrer pour le moins sourcilleuse. Lors de l’échange de vues des ministres de l’Agriculture, le secrétaire d’Etat allemand, Robert Kloos, s’est d’ailleurs contenté de souligner que le budget européen ne doit pas dépasser 1 % du PIB et qu’il n’est pas question, dans ce contexte, de trop payer pour l’agriculture. Ensuite, fin avril-début mai 2012 aura lieu en France l’élection présidentielle, ce qui risque d’amener le chef de l’Etat et le gouvernement actuels à éviter de rentrer, jusqu’à cette date, dans le vif de la négociation. Et de reporter d’autant les vrais marchandages à Bruxelles. En d’autres termes, la réforme de la Pac pourrait bien attendre 2014.
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