Abonné

UE/INDUSTRIES LAITIERES Réforme de la Pac : l’industrie laitière redoute de perdre en compétitivité

- - 4 min

L’industrie laitière européenne est plutôt sceptique quant aux possibilités offertes par les propositions de réforme de la Pac de la Commission européenne d’aider au maintien de la position concurrentielle du secteur laitier, tout en répondant aux défis financiers, environnementaux et de gestion des marchés. Elle estime que certaines de ces propositions sont susceptibles de créer des distorsions de concurrence sur le marché unique et de mettre à mal la compétitivité au niveau mondial.

Nous ne sommes pas convaincus que la Commission européenne a trouvé le juste équilibre dans ses propositions de réforme de la Pac car il y a trop d’éléments qui pourraient créer, d’une part, des distorsions de concurrence dans le marché unique européen et, de l’autre, de réduire la compétitivité sur le marché mondial ». Répondant aux propositions de réforme de la Pac de la Commission, Joop Kleibeuker, le secrétaire général de l’EDA (European Dairy Association), le lobby de l’industrie laitière, explique « qu’entraver l’efficacité productive et dans le même temps ne pas faire assez pour répondre aux exigences de compétitivité, pourrait mettre en danger la viabilité économique des exploitations laitières européennes ». Rappelant que le secteur laitier opère désormais sur un marché de plus en plus globalisé, le leader de l’EDA souligne que la principale préoccupation de l’industrie est « d’assurer que le secteur laitier maintienne sa compétitivité sur le marché de l’UE et sur le marché mondial tout en répondant de plus en plus aux défis environnementaux et autres ».

Propositions déséquilibrées
L’industrie laitière européenne dénonce en particulier la proposition d’introduire un régime de paiement de base dans chaque Etat membre, laquelle conduirait à une redistribution nationale du paiement unique par exploitation entre les divers secteurs agricoles. Selon elle, c’est « l’exemple concret de ce manque d’équilibre dans les projets de la Commission européenne ». Elle estime que de l’avis même de Bruxelles dans son analyse d’impact « le futur règlement sur les paiements directs aurait pour conséquence de diminuer les revenus des producteurs laitiers de manière significative à travers toute l’Europe ». L’Association laitière européenne note par ailleurs qu’un paiement direct lié à des conditionnalités de durabilité ne doit pas prendre en compte les seuls aspects environnementaux, mais également la contribution à la cohésion sociale dans les zones rurales, qu’un secteur comme celui des produits laitiers est en mesure de fournir. EDA estime en outre que les propositions concernant les aides couplées pourraient conduire à une situation dans laquelle certains Etats membres seraient tentés de subventionner leur production laitière. La proposition de créer une assurance contre la perte de revenu n’a pas non plus de chance aux yeux de l’industrie : elle ne ferait que réduire les incitations dans certains Etats membres à adapter leurs productions aux évolutions du marché. Last but not least, les mesures prévues dans les propositions pour soutenir la recherche et l’innovation sont carrément insuffisantes. Bref, aux yeux de l’industrie laitière, il est évident qu’il y a encore beaucoup de travail à faire et celle-ci se dit « tout-à-fait résolue à coopérer avec la Commission, le Parlement, le Conseil et les différents États membres pour améliorer les propositions du commissaire Dacian Ciolos et obtenir le meilleur résultat pour l’industrie laitière de l’UE «.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre