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Social Réforme des retraites : les critiques de la MSA

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La critique du projet de réforme des retraites figurait en bonne place des principaux sujets évoqués par Gérard Pelhate, président de la MSA, lors d’une conférence de presse de rentrée le 14 octobre.

Moins radicale que les syndicats de salariés, mais critique tout de même : la MSA, par la voix de son conseil d’administration, n’est pas satisfaite du projet de réforme des retraites. C’est ce qu’a indiqué Gérard Pelhate à l‘occasion d’une conférence de presse le 14 octobre. Plusieurs aspects de la loi en cours d’adoption au Parlement déçoivent la MSA. Ainsi, le cas des salariés polypensionnés, pas du tout pris en compte par la réforme. Du coup, lorsqu’ils relèvent d’au moins deux régimes, la règle des 25 années s’ajoute pour la prise en compte des pensions et les salariés finissent par subir une décote car les pensions sont calculées sur quasiment toute leur carrière.
Autre regret, le fait que la demande de prise en compte des 25 meilleures années pour les exploitants non salariés aboutisse seulement à… la rédaction d’un rapport.

Trimestres pas validés

Autre critique concernant les salariés, le fait que très souvent ils ont travaillé sur des périodes courtes, ne pouvant valider un trimestre de cotisation pris en compte dans le décompte des retraites. D’une manière générale, c’est tout le problème des carrières courtes ou fractionnées, auprès d’entreprises et surtout de régimes différents qui crée des inégalités au dépens des agriculteurs et surtout des salariés agricoles. Un problème non traité par la réforme des retraites. Les représentants de la MSA sont également déçus de la réforme des services santé au travail pour laquelle ils paraissent n’avoir pas été consultés et s’inquiètent de la reconnaissance du rôle de la MSA dans ce domaine.

Retraites : 700 euros en moyenne

Toutes ces critiques doivent être mises dans un contexte où le système des retraites a certes fait des progrès ces dernières années mais reste encore insuffisant, comparé notamment à celles des citadins. Ainsi, la moyenne des pensions de retraite des exploitants se situerait autour de 700 euros par personne auxquels s’ajouteraient un peu moins de 100 euros grâce à une retraite complémentaire (minimum de 645 euros/mois et maximum de 1151 euros/mois).
S’ils ont l’épiderme sensible sur les retraites, c’est que les agriculteurs vivent aujourd’hui des temps difficiles pour bon nombre d’entre eux. Ainsi, Gérard Pelhate dévoilait que 33 000 agriculteurs perçoivent le RSA (Revenu de solidarité active) dont 23 000 salariés et 10 000 exploitants agricoles ! Un chiffre important qui révèle l’ampleur des crises agricoles. C’est le Vaucluse et le Pas de Calais, avec chacun environ 1 300 ressortissants au RSA, qui détiennent la palme. De quoi justifier une politique de solidarité de la part de la MSA, la mutualité consacrant un fonds pour les premiers secours en cas de crise grave (100 millions d’euros) et prévoyant en plus 30 millions d’euros de prise en charge de cotisations pour les situations les plus difficiles.

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