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Négociations de l’OMC Regain de pessimisme à l’OMC

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Pascal Lamy a averti le 29 mars les membres de l’OMC qu’ils risquaient de passer à côté de la percée qui doit être réalisée en avril pour permettre la conclusion des négociations du cycle de Doha cette année. Selon le directeur général de l’organisation, un échec menacerait l’économie mondiale et, surtout, les pays les plus vulnérables.

Le blocage des négociations de l’OMC reste dû, principalement, à un profond désaccord entre les Etats-Unis et les grands pays en développement comme la Chine, l’Inde et le Brésil. Washington maintient que ces pays émergents doivent offrir une plus grande ouverture de leur marché pour les biens industriels mais aussi pour les produits agricoles et les services, tandis que les pays en question jugent ces exigences disproportionnées par rapport aux réformes que les Américains sont prêts à consentir, en particulier en matière de subventions agricoles.
L’UE, le Japon et l’Australie considèrent que ces divergences peuvent être aplanies si les négociateurs intensifient leurs travaux.

« Les divergences restent immenses »

« Les informations sur les récentes (discussions) bilatérales montrent clairement que les divergences entre les partenaires-clés des négociations sont très importantes. Certaines parties impliquées dans les bilatérales considèrent même qu’elles sont insurmontables », a expliqué le 29 mars l’ambassadeur du Brésil à Genève, Roberto Azevedo, à l’issue d’une réunion du Comité des négociations commerciales de l’OMC au cours de laquelle le directeur général de l’organisation, Pascal Lamy, a tiré la sonnette d’alarme.
« Clairement, les négociations n’avancent actuellement pas à la vitesse que nous souhaiterions tous et les divergences entre les membres restent immenses », a confirmé l’ambassadeur américain, Michael Punke.
« Nous sommes à un point de jonction critique où la fenêtre d’opportunité signalée par le G20 est en train de se fermer », a commenté pour sa part l’ambassadeur mexicain, Fernando de Matteo. « Soit nous parvenons rapidement à une solution pour combler les différences, notamment dans le domaine de l’accès au marché pour les produits industriels, soit nous ne serons pas en mesure de conclure le cycle en 2011 ».

« Le cycle peut devenir un zombie »

« Le cycle ne va pas mourir, c’est sûr, mais il peut devenir un zombie, un fantôme hantant les corridors de l’OMC dans les années à venir », a prévenu l’ambassadeur mexicain.
Il a été convenu que les textes sur les principaux sujets en négociation (agriculture, produits industriels, service) devaient être prêts avant fin avril. Ces documents doivent servir de base pour la conclusion d’un accord qui devrait, selon cet agenda, intervenir en juillet afin de pouvoir boucler définitivement les pourparlers lors d’une réunion ministérielle prévue à la fin de l’année.
« A moins d’un mois de l’échéance (d’avril), sommes-nous sur la voie pour atteindre ces objectifs ? », s’est interrogé M. Lamy. « En toute honnêteté, je dois vous dire que non », a répondu le directeur général de l’OMC.

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